Viol collectif au Darfour : l’armée soudanaise dans le collimateur de l’ONU

Les autorités soudanaises ont, par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, interdit à la mission de maintien de la paix ONU-Union Africaine de se rendre au village de Tabit afin d’y enquêter sur les viols collectifs qui auraient été commis par l’armée au Darfour.

Le gouvernement soudanais refuse l’accès au village de Tabit à la mission de maintien de la paix ONU-Union Africaine estimant que les tensions provoquées par la révélation de cette affaire pour la population de Tabit seraient dangereuses pour la sécurité de la mission. Un site soudanais a rapporté que des soldats soudanais s’étaient rendus dans le village de Tabit à la recherche d’un de leurs disparus, puis agressé sexuellement plus de 200 femmes et filles. Ces accusations démenties par le gouvernement soudanais, ont emmené la mission de maintien de la paix ONU-Union Africaine au Soudan (MINUAD) à ouvrir une enquête.

Enquête difficile à mener

La MINUAD s’est déjà rendue au village de Tabit sans l’accord du gouvernement soudanais. Durant leur présence à Tabit, les Casques bleus se sont heurtés au silence des femmes qui n’osaient pas s’exprimer sur les faits reprochés à l’armée. Surtout que durant leur entretien avec la population, les soldats soudanais étaient présents vêtus en uniforme ou en civils.

Par Ailleurs, dans son rapport interne qui n’a pas été rendu public, la MINUAD affirme que l’armée avait par avance briefé la population, lui demandant de ne pas fournir d’informations. Officiellement, la MINUAD a déclaré de pas avoir trouvé de preuves concernant un viol collectif à Tabit.

La MINUAD est déployée au Darfour, à l’ouest du Soudan depuis 2007 à la suite d’un conflit meurtrier opposant les forces rebelles et gouvernementales. Ce conflit a fait plus de 300 000 victimes.