Vingt-cinq sans-papiers africains régularisés après six mois de grève

Licenciés en 2007 après des contrôles de l’inspection du travail, des employés sans papiers de Paris Store et de Métal Couleur faisaient grève depuis six mois. La préfecture du Val-de-Marne a finalement accédé à leur demande de régularisation.

Leur combat aura duré six mois. Mi-avril, une vingtaine de sans-papiers décide d’élire domicile le long du mur de la société Métal couleur, un fabriquant d’aluminium, à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) en région parisienne. Ils sont au départ appuyés par la Confédération générale du travail (CGT), mais un comité de soutien plus élargi, dans lequel on retrouve quelques associations et le conseil général du département du Val-de-Marne se constitue rapidement autour d’eux. Plusieurs tentes sont montées, et pour l’éclairage, le conseil général offre un groupe électrogène. Ces grévistes ont une seule revendication : leur régularisation.

Tous sont d’anciens employés de Métal Couleur ou de Paris Store, une chaîne de supermarchés asiatiques ouverts sept jours sur sept, en région parisienne. La plupart d’entre eux ont travaillé plus de sept ans. C’est un contrôle de l’inspection du travail déclenché début 2007 qui met à jour l’irrégularité de leur situation. Un contrôle qui leur coûte aussi leurs emplois : Métal Couleur met vingt employés dehors, en les accusant de s’être fait recruter en présentant de faux papiers. « Mais le patron savait. Plusieurs fois, il a changé nos numéros de sécurité sociale », soutient encore Bouglé Hamidou, entré chez Métal Couleur en 2000. Paris Store, qui est contrôlée en avril 2007, licencie seize salariés Africains, parmi lesquels deux délégués du personnel.

Les sans-papiers de Paristore et ceux de Métal Couleur font front commun

En avril 2008, la CGT lance l’occupation programmée des entreprises de la région parisienne qui, au gré des contrôles de l’inspection du travail, mettent dehors leurs sans-papiers. Les licenciés de Paris Store décident de faire front commun avec leurs compagnons d’infortune de Métal Couleur et animent avec eux, le piquet de grève devant l’entrée de l’entreprise. Il a été levé le vendredi 24 octobre dernier. Après six mois de résistance, leur lutte vient de payer. « Les travailleurs de Paris Store présents dans la lutte ont tous obtenu une régularisation par le travail avec des récépissés de trois mois, préalable à une carte de un an », lit-on dans un communiqué publié vendredi par leur comité de soutien. Les 11 employés de Métal Couleur qui participaient encore au piquet de grève ont également reçu des autorisations provisoires de séjour de trois mois, assorties pour certains de l’obligation de trouver rapidement une promesse d’embauche. « Pour nous, c’est un sans faute, une grande victoire. La préfecture s’est même engagée à reconnaître leur ancienneté », se réjouit Philippe Jaloustre du comité de soutien. « Nous n’allons pas nous en arrêter là. Nous continuerons à les suivre jusqu’à leur régularisation définitive. »