VIH/Sida : les premiers ARV associés à un vieillissement prématuré

Selon les auteurs d’une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Genetics, certains médicaments antirétroviraux (ARV) couramment utilisés dans les pays en développement pourraient être responsables d’un vieillissement prématuré. Des ARV plus récents, moins toxiques mais plus chers, sont fréquemment utilisés dans les pays occidentaux.

Selon les auteurs d’une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Genetics, certains médicaments antirétroviraux (ARV) couramment utilisés dans les pays en développement pourraient être responsables d’un vieillissement prématuré. Des ARV plus récents, moins toxiques mais plus chers, sont fréquemment utilisés dans les pays occidentaux.

Les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI), dont la zidovudine, la lamivudine et l’abacavir, ont permis à des millions de patients vivant avec le VIH de vivre plus longtemps. L’Organisation mondiale de la Santé a recommandé que les pays mettent fin progressivement à l’utilisation de la stavudine, un INTI d’usage courant en Afrique, à cause de ses effets secondaires irréversibles à long terme.

« Nous avons remarqué que les patients d’une quarantaine d’années qui avaient été traités avec des INTI pendant plusieurs années montraient des signes de vieillissement dans les muscles, signes qu’on trouve habituellement dans la tranche d’âge de 70 à 80 ans chez les personnes en bonne santé, » a dit le Professeur Patrick Chinnery de l’Université de Newcastle, au Royaume-Uni, l’un des auteurs principaux de l’étude.

Les chercheurs ont étudié les muscles squelettiques de 33 adultes vivant avec le VIH, tous âgés de 50 ans ou moins, et ceux de témoins non-infectés et d’âge comparable. Ils ont découvert chez les patients prenant des INTI une augmentation des mutations d’ADN mitochondrial –la partie de la cellule qui produit l’énergie – similaires à celles qu’on trouve dans des individus plus âgés en bonne santé.

« Ce que nous avons vu dans notre étude est similaire aux formes décrites par les gens qui sont sous thérapie antirétrovirale (ART) depuis longtemps, » a dit Chinnery.

Des études ont révélé que malgré une baisse de mortalité importante, les patients vivant avec le VIH sont souvent menacés par un risque accru de complications non liées au SIDA, dont l’ostéoporose et les infarctus, qui compromettent leur espérance de vie.

« Les résultats suggèrent que nous devons étudier avec soin les effets de ces médicaments, parce que certaines des maladies causées par les anomalies – diabète, infarctus et ainsi de suite – sont sérieuses et peuvent provoquer une invalidité progressive, » a noté Chinnery.

« Dans le même temps, il est clair que les patients doivent prendre leurs médicaments pour rester en vie… mais notre étude suggère qu’il serait probablement bénéfique de passer aux nouvelles catégories de médicaments. »

Selon Chinnery, il est nécessaire de mener des études prospectives sur les effets probables de l’utilisation à long terme des différents ARV, afin de cerner leurs effets indésirables et d’y remédier.