Vers des consultations politiques entre l’UE et la Mauritanie

L’Union européenne a décidé, lundi, d’ouvrir des consultations politiques avec la Mauritanie, dans le cadre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou la liant aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

En vertu de l’article 96 de l’Accord de Cotonou la liant aux pays ACP, l’UE peut suspendre partiellement ou entièrement la coopération avec un pays partenaire coupable de violation grave des principes démocratiques dont, notamment, la prise du pouvoir par la force.

Dans un communiqué remis à la presse à Bruxelles, le commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, Louis Michel, fait savoir que cette décision a été prise suite à la nomination d’un nouveau Premier ministre par la junte militaire qui s’est emparée du pouvoir en Mauritanie.

L’Union européenne « regrette vivement » la nomination d’un nouveau Premier ministre, soulignant qu’elle a demandé « la restauration rapide » de l’ordre constitutionnel.

L’aide européenne menacée

Bruxelles avait fermement condamné le coup d’Etat militaire et demandé la libération « sans conditions » du président démocratiquement élu, Mohamed Ould Cheik Abdallahi, ainsi que de son Premier ministre.

La Mauritanie devait bénéficier d’une aide financière de 156 millions d’euros de l’Union européenne au titre du 10ème Fonds européen de développement, courant de 2008 à 2013.

Le FED est l’instrument financier de l’Accord de Cotonou, signé en juin 2000 et liant pour 20 ans l’Union européenne aux 78 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

La junte militaire au pouvoir à Nouakchott a nommé un nouveau Premier ministre en la personne de M. Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, qui était jusque-là ambassadeur de la Mauritanie en Belgique et auprès de l’Union européenne.

En principe, le nouveau chef du gouvernement devrait conduire la délégation mauritanienne qui sera invitée à Bruxelles pour engager les consultations politiques avec l’UE.