Une union monétaire de seconde zone

A l’instar des pays de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (Uemoa), six pays anglophones, du Ghana au Liberia, tentent de mettre en place une seconde zone monétaire. Du 8 au 12 avril, une importante réunion doit se tenir à Freetown (Sierra Leone) pour faire le point sur l’avancée de cet ambitieux projet. Peut-être trop ambitieux, d’ailleurs.

Depuis le lancement du projet et les accords d’Accra, le 20 avril 2000, la Seconde zone monétaire d’Afrique de l’Ouest (Wamz) n’a pas beaucoup fait parler d’elle. Vaste projet pourtant. La réunion de Freetown (Sierra Leone) qui doit se tenir du 8 au 12 avril devrait permettre de faire le point, en présence de tous les gouverneurs des banques centrales, des ministres des Affaires Etrangères et des ministres de la Coopération régionale des six pays concernés. Ghana, Nigeria, Guinée, Libéria, Sierra Leone et Gambie trouveront-ils la voie de l’union ? Ou tentent-ils de sauver la face dans ce qui s’avère de plus en plus être une impasse économique ?

Cette seconde zone, initialement prévue pour janvier 2003, a toujours eu pour objectif de s’intégrer, à terme, à la zone du Franc cfa avant de rejoindre la zone Euro. Sur l’agenda : union douanière, rapprochement des échanges et critères de convergence macro-économiques. Deux ans presque jour pour jour après le coup d’envoi, qu’en est-il ? A la Banque centrale du Ghana, on est plus qu’évasif. C’est pourtant là que tout a démarré, et l’on se souvient du discours triomphant de son gouverneur, Paul Acquah, le 28 février dernier, devant ses collègues de la Banque d’Angleterre, lorsqu’il évoquait  » l’engagement politique et la volonté d’avancer  » qui guidaient la mise en place de la Wamz…

Ambition sans illusion

Si l’on ne peut nier certaines réalisations, comme la création d’un Institut monétaire pour l’Afrique de l’Ouest (IMAO) à Accra, force est de constater que la Wamz reste un projet lointain. Aucun critère de convergence n’a été rempli par aucun des six pays de la zone. L’union douanière n’existe pas. Il n’est pas jusqu’au nom de la monnaie qui soit marqué d’un point d’interrogation…

Très vite, le calendrier s’est allongé jusqu’en 2004. Mais au ministère de l’Economie du Ghana, on commence à avouer que l’idée d’une union monétaire réduite, c’est-à-dire ne comprenant pas les pays de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (Uemao- zone du Franc cfa) est une idée un peu fumeuse. On ira à Freetown pour la forme, mais la réunion risque plus d’avoir l’air d’un enterrement que d’une célébration.