Une saison en Afrique

Neuf carnets de voyage pour égrener un périple africain. Mali, Sénégal, Mauritanie. L’écrivain italien Gianni Celati raconte le Continent à sa manière dans Aventures en Afrique, aux éditions du Serpent à Plumes.

 » Je publie mes journaux de voyage comme je les ai écrits en route « . Gianni Celati, écrivain italien, professeur de littérature anglaise et américaine, offre sous le titre Aventures en Afrique, les neufs carnets de route qu’il a rédigés en 1997. Il accompagnait alors son ami Jean Talon en Afrique de l’Ouest, dans le cadre de repérages pour un documentaire sur les méthodes des guérisseurs dogons.

Mais peu à peu, devant les contraintes locales et la découverte de la réalité africaine, l’idée du documentaire  » part en fumée « . L’écrivain avoue en incipit :  » En arrivant à l’aéroport de Bamako, hier deux heures trente du matin, j’ai cessé de comprendre ce qui se passait.  » Les deux hommes n’ont pas d’autre choix que de se laisser guider par les habitants des pays qu’ils sillonnent : Mali, Sénégal et Mauritanie.

Cas exemplaires de tourisme africain

Tandis que Jean tente de trouver ses contacts, Gianni se laisse pénétrer par l’âme africaine. Les sens à l’affût, il décrit les marchés qu’il pourrait regarder pendant des heures, les villages noyés de sable rouge, les pirogues glissant sur le fleuve Niger, les femmes aux reins rebondis et les voyages improbables en taxis-brousse. Il se laisse même aller à se demander :  » Et si je restais vivre à Bandiagara ? Une idée qui m’est venue cette nuit « , précise-t-il.

L’écrivain analyse les rapports, initialement faussés, entre les autochtones et le couple de  » touristes  » qu’il forme avec Jean.  » Nous représentons non pas ce que nous sommes ou ce que nous croyons être, mais ce que nous devrions être en tant que Blancs (riches, puissants, modernes, acheteurs tous azimuts) « , explique-t-il. Parallèlement, il note avec délectation les  » cas exemplaires de tourisme africain « , rapportant les comportements absurdes des touristes occidentaux.

La machinerie touristique en prend pour son grade. Les hôtels huppés deviennent des  » camps de concentration pour touristes « , des  » tranchées coloniales au milieu de la population noire, avec l’air conditionné qui chasse les moustiques et les portiers qui chassent les sauvages assaillant les Blancs « . Plus qu’un simple touriste, Gianni Celati est un  » voyageur « , espèce en voie de disparition. Qui prend le temps de regarder, d’écouter, de sentir. Et d’écrire.

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