Une pluie mémorable d’applaudissements… pour Tabou Combo au Zénith de Paris

Yé Krik !… Yé Krak !

Tous ceux qui avaient écouté ma dernière histoire sous l’arbre à palabre d’Afrik.com se rappellent certainement que je les y invitais à aller quelque part voir comment des étoiles réunissent la musique et les hommes avec des airs mémorables et des tempos qui enchantent. Et, je suis sûr que ceux qui y ont été, ont vécu, ont vu et ne doutent plus de la véracité de cette histoire ; au point même que, pantois et bouche bée, ils manquent encore de mots pour raconter ce qu’ils ont vu à l’œil nu.

Eh bien : remis de cette émotion joyeuse, je vais vous conter en substance ce que j’ai vu quelque part là-bas.

Yé Mistikrik !… Yé Mistikrak !

C’est une histoire qu’on contera encore, encore et encore, les générations à venir, parce que Tabou Combo l’a transmise à T-Vice, pour que T-Vice, à son tour, la perpétue en musique.

C’est l’histoire mémorable d’une pluie d’autonome qui s’est abattue le six novembre de l’an deux mil dix sur la place de Paris, du côté du 19ème arrondissement ; plus précisément au Zénith de Paris, entre le métro Parc de la Villette et le métro Porte de Pantin.

Tous les pantins réunis ne pourront pas nier la réalité de cette pluie : On aurait cru voir un mistigri créole, face auquel aucun ouragan des mers dévastateur ne pouvait résister. Pourtant, l’arbre et les étoiles lui ont résisté hardiment, pour sauver le monde.

Il faisait noir au Zénith de Paris. Le temps y était tellement noir « pi nwa » qu’il virait au bleu, passant du bleu de Bromothymol au blé créole ; parce qu’il était aussi noir de monde. L’alchimie était parfaite, entre le Zénith, le temps et les hommes. Aucune tête ne dépassait des parapluies aux couleurs bigarrées, qui se toisaient en silence, pour serrer les rangs autour des étoiles. Le peuple y était uni, en communion et patient gaiement, devant les portes d’entrée du Zénith, en dépit de grosses gouttes de pluie tenaces et mornes, qui rappelaient des mornes-à-eau.
L’eau, ruisselant, en silence, entre deux pavés, sur le macadam du Zénith, avait beau faire pour dissuader le monde, rien n’y faisait. Personne ne voulait louper le passage des étoiles au Zénith. A juste titre d’ailleurs !

Car, de concert, cette nuit-là, les étoiles de Tabou Combo, sous les respects de T-Vice et des Sapeurs de la diaspora de l’Arbre, ont mis le feu au Zénith, pour réchauffer le monde, les enfants de l’Arbre d’Haïti et les autres venus les acclamer.

Conquises par des prosopopées lyriques en faveur d’Haïti chérie et des Indépendances des pays africains, des mains en l’air durant le concert symbolisaient l’adhésion à la paix, la nostalgie, mais aussi l’espoir d’une renaissance certaine des peuples qui, ayant souffert le martyr du monde, convient maintenant le monde à converger gaiement vers le Tout-monde cher à Edouard Glissant.

Au vu de tout cela, nous avons tous fait chapeau bas à Tabou Combo, à T-Vice, et à la SAPE pour cette démonstration de force qui est entrée dans les annales de l’histoire du monde.

Aboubia…

Aimé EYENGUE

Ecrivain Chroniqueur

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