Une pétition contre la dénomination du ministère de Brice Hortefeux

Des artistes et des intellectuels du monde entier demandent au président français de revoir l’intitulé du ministère de l’Immigration, de l’Intégration de l’Identité nationale et du Codéveloppement. Pour tous les signataires de la pétition qui circule actuellement, « immigration » et « identité nationale » est « une association inacceptable ».

« Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n’a jamais eu de précédent dans l’histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même.»

Ce sont par ces mots que débutent la pétition internationale, déjà signée par près de 200 artistes et intellectuels français qui protestent « énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus » au ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement de Brice Hortefeux et demandent au « président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.»

Un intitulé qu’« il n’est pas question de modifier »

La pétition a été lancée à l’initiative des chercheurs démissionnaires, le 18 mai dernier, du projet de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) qui doit ouvrir cette année. L’historien Gérard Noiriel et sept de ses confrères ont estimé que « là où le pari de la CNHI était celui du rassemblement tourné vers l’avenir, (…) ce ministère menace au contraire d’installer la division et une polarisation dont l’histoire a montré les ravages. »

L’idée d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale avait été lancée par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle. Elu avec plus de 53% des suffrages exprimés, le nouveau Chef de l’Etat français, dans sa volonté de coller à ses promesses électorales, a mis en place le ministère promis. Son intitulé sera pourtant nuancé avec les termes « intégration » et « codéveloppement ». Plusieurs voix, à l’instar des signataires de la pétition, se sont élevés contre l’existence d’un tel ministère mais l’opinion française reste dans son ensemble assez passive sur la question. Du moins, assez pour que Thierry Coudert, le directeur de cabinet de Brice Hortefeux, affirme selon Libération, qu’ « il n’est pas question de modifier » l’association d’idées.