Une nouvelle piste dans la lutte contre le sida

Une étude américaine publiée cette semaine dans la Public Library of Science révèle que la prise quotidienne d’un anti-rétroviral aurait un effet préventif contre le VIH/sida. Cette méthode, déjà testée sur des animaux et actuellement expérimentée sur des humains, pourrait empêcher 3,2 millions de contaminations en Afrique noire sur dix ans.

La science a-t-elle découvert un nouveau moyen de lutter contre le sida ? C’est ce que semblent indiquer les résultats d’une recherche américaine publiée le 19 septembre dans la Public Library of Science. Des expériences menées sur des animaux sains montrent que la prise quotidienne d’un anti-rétroviral pourrait participer à réduire fortement les contaminations par le VIH. Ces tests ont notamment été conduits sur le constat que des anti-rétroviraux sont utilisés pour empêcher le développement de la maladie et que « nous savons que les anti-rétroviraux pris peu après l’exposition au virus VIH peut réduire le risque d’infection », a indiqué le Dr Ume Abbas, principal auteur de la recherche.

La pré-chimioprophylaxie (PrEP) est actuellement testée chez les humains. Selon la recherche et des calculs réalisés par des chercheurs de la faculté de Pittsburgh (Etats-Unis, Etat d’Ohio), cette méthode préventive se révèlerait particulièrement salutaire pour l’Afrique sub-saharienne – où 22,4 millions d’adultes sont infectés par le VIH. Des projections indiquent qu’elle pourrait potentiellement empêcher 3,2 millions de contaminations sur dix ans au Sud du Sahara.

« Pas de solution miracle contre le sida »

Joint par Afrik, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (Onusida) explique qu’« on ne peut pas se prononcer sur quelque chose dont on ne connaît pas l’efficacité. Comme l’efficacité de la PrEP fait maintenant l’objet d’études sur des humains, nous attendons les résultats ». Il précise toutefois que « toute nouvelle méthode avérée de prévention de la transmission du VIH sera bienvenue pour compléter l’arsenal de méthodes déjà disponibles et qui comporte l’utilisation correcte et systématique des préservatifs masculins et féminins et la modification des comportements dit « à risques », tels que les rapports sexuels non protégés, la multiplication des partenaires sexuels, l’utilisation de matériel d’injection de drogues non stérile, etc ».

Et l’Onusida de conclure qu’il « n’existe pas de réponse miracle contre le sida ». Voilà qui devrait rassurer les détracteurs de la PrEP, qui estiment qu’elle risque de déresponsabiliser les adultes.