Une journée pour l’Afrique

Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a ouvert lundi à l’Onu une journée de débats réservée à l’Afrique et notamment à la manière dont la communauté internationale peut contribuer au Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). L’Afrique sera donc libérale. Avec le soutien de ses bailleurs de fonds. Ce concept n’a pas la même connotation en Afrique. Le libéralisme sur le continent a pour nom FMI et Banque mondiale. Et l’échec flagrant de la politique économique imposée par ces deux organismes est plus que patent. De nombreux pays souffrent d’avoir déstructuré leur économie au nom d’un libéralisme débridé. L’exemple le plus récent de cet échec est la situation de l’agriculture au Sénégal et dans les pays dépendant du coton.

Le FMI et la Banque mondiale, au nom du sacré saint principe de la réduction du déficit budgétaire, n’ont réussi qu’à rendre les pays africains encore plus dépendants d’eux et des autres bailleurs de fonds en les rendant encore plus pauvres. En mots moins neutres, politique d’austérité et libéralisation signifient moins d’école, licenciements, rétrécissement des services publics… Tout ce qui n’est pas immédiatement rentable est fermé. Mort sur l’autel de la lucidité économique.

Il reste que le Nepad demeure l’unique initiative africaine. Si le président sud-africain Thabo Mbeki et l’Algérien Abdelaziz Bouteflika ont réussi à calmer les ardeurs libérales d’Abdoulaye Wade, il n’en demeure pas moins que l’Afrique est invitée expressément à prendre le train des  » Réformes « . Et l’Afrique a sauté le pas. Ce sont les Etats-Unis et l’Europe qui se découvrent protectionnistes et subventionnent à coups de milliards de dollars leurs agricultures. Mais là, le FMI et la Banque mondiale se montrent compréhensifs. C’est la politique de deux poids deux mesures. Jusqu’à quand ?