un symbole de rêve

Des Jeux pour rêver, des Jeux de rêve, … Rêver à quoi, à quel ailleurs ? Le monde s’enthousiasme ce week-end pour Sydney l’olympique : un ailleurs absolu, un bout de bout du monde, où s’apaiserait le tumulte et se réconcilieraient toutes les souffrances autour de l’idéale fête du sport. Un site splendide, dix mille athlètes venus des cinq continents, un festival de performances spectaculaires, des valeurs enfin : le respect de la planète, une technologie maîtrisée, la probité retrouvée. Encore une vision de l’avenir, mais… comment dire ? Intelligente.

Une vision intelligente de l’avenir, c’est le projet d’une réalité meilleure. Plusieurs centaines de millions d’Africains l’attendent. Beaucoup la conçoivent jour après jour, en espérant la voir partagée par les habitants des autres continents.

Mais quel rapport avec Sydney, les Jeux du Millénaire et leurs trois semaines de rêve éveillé ? C’est toute la question des symboles. Oublions un instant les critiques sur l’invasion des JO par la publicité, par le dopage et par les enjeux financiers. Bref, oublions que ce rêve, on a intérêt à nous le vendre. Rêvons sans entraves : pendant les Jeux olympiques, l’Afrique sera sur un pied d’égalité avec le reste du monde. Egale dans la considération, dans la dignité, dans la gloire grâce à ses champions… le rêve, quoi !

Bien sûr, à l’issue de la cérémonie de clôture, on s’apercevra que rien n’aura changé, ou presque. C’est à ce  » presque  » qu’il faudra alors s’accrocher ; exactement comme après le sommet du millénaire, début septembre à New York. Cela demandera un effort, comme un réveil un peu difficile. Mais améliorer la vie et le monde, cela n’a rien d’un rêve.