Un second Maghrébin assassiné à Perpignan

Une semaine après le décès du jeune franco-algérien Mohamed Bey Bachir à Perpignan, ville du Sud de la France, un deuxième Maghrébin a été tué et trois autres blessés, par des membres de la communauté gitane, selon les premiers témoignages. Plusieurs centaines de jeunes Maghrébins ont alors déclenché une émeute et affronté les forces de police.

Dimanche dernier, le 22 mai 2005, Mohamed Bey Bachir, un jeune franco-algérien de 28 ans avait été lynché par trois gitans pour une banale histoire de place de parking. Ce meurtre barbare et gratuit dans le quartier Saint-Mathieu de Perpignan (sud de la France) ou cohabitent gitans et Maghrébins avait exacerbé la tension entre les deux communautés et la semaine a été émaillée de nombreux incidents. Pourtant, samedi après midi, une marche pacifique de protestation revendiquant le «non à la violence» a rassemblé 5 000 personnes, principalement de la communauté maghrébine, et s’est déroulée dans le calme. Les manifestants demandaient majoritairement qu’il n’y ait pas de vengeance mais que justice soit faite envers les meurtriers.

Ce dimanche, vers 19h30, un deuxième homme d’origine maghrébine a été abattu et trois autres blessés par balles dans le même quartier. Leurs meurtriers seraient toujours liés à la communauté gitane. Ce nouveau meurtre a entraîné des émeutes dans le quartier Saint-Mathieu où des jeunes de la communauté maghrébine ont incendié plusieurs voitures, détruit des devantures de boutiques et affronté les forces de police qui tentaient de s’interposer entre Maghrébins et gitans.

Cette flambée de violence entre les deux principales communautés d’origine étrangère de la ville a choqué dans cette ville française plutôt traditionnelle. Les gitans et les maghrébins vivaient jusqu’alors dans une relative harmonie. Ce double meurtre risque de les diviser lourdement.