Un sans-papiers dénoncé par sa banque devant la justice


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Un sans-papiers habitant à Montreuil en banlieue parisienne comparaissait, mardi, devant le tribunal correctionnel pour avoir présenté de faux papiers à sa banque. Les faits remontent à octobre dernier. Ce père de famille malien avait été arrêté alors qu’il venait clôturer le compte que lui avait ouvert, non sans difficultés, l’agence BNP Paribas de Montreuil. Un cas qui est loin d’être isolé puisque en juillet dernier un jeune homme avait été interpellé dans les mêmes conditions dans une agence parisienne de la même banque. Afrik.com fait le point sur cette affaire.

« C’est honteux ce que la banque a fait, c’est de la délation pure et simple ! », s’insurge Nadège, enceinte de sept mois, la compagne du sans-papiers malien Demba Dianka. Ce dernier, militant d’un collectif de sans-papiers, habitant à Montreuil, comparaissait mardi devant le tribunal de Grande Instance de Bobigny pour « faux et usage de faux ».

Un guet-apens organisé

En octobre dernier, ce père de famille avait été arrêté alors qu’il venait clôturer son compte que lui avait ouvert l’agence BNP Paribas de Montreuil en région parisienne. « Je voulais mettre le montant de mon salaire de côté pour ma mère qui était gravement malade et pour mon bébé, mais quand j’ai voulu retirer cet argent, la banque m’en a empêché », explique M. Dianka, interrogé par Afrik.com. Après avoir demandé pour la énième fois le retrait de son argent, il ressort avec un rendez-vous pour le 24 octobre. Mais l’entretien tourne vite au drame. On lui demande de patienter et, là, au lieu de voir arriver une conseillère, c’est la police qui le reçoit. « On s’est réfugié avec mon amie dans un café, et ils nous ont poursuivis et m’ont attrapé. Après, je me suis retrouvé en garde à vue pendant 24h », relate le sans-papiers malien.

Prétexte évoqué : la présentation de faux papiers à la banque qui a tout de suite porté plainte. « Avec la nouvelle procédure mise en place, l’agence a le droit, si elle a un doute sur la véracité des papiers, de les envoyer à la préfecture. S’il s’agit de faux papiers, la banque peut soit clôturer le compte soit dénoncer la personne, c’est ce qu’elle a fait », confie Nadège. Demba Dianka se dit profondément heurté par l’attitude de son agence. « J’ai payé mes faux papiers 3 000 euros, c’est très cher. J’ai travaillé quatre ans avec ça, sans jamais avoir de problèmes. Je gagne ma vie, je paye mes impôts. Tout ça vraiment me dépasse », précise t-il. Pour Isabelle Wolff, l’attachée de presse de BNP Paribas, les agents ont simplement appliqué la procédure habituelle.

La BNP Paribas récidive

Interrogé sur ce dossier, Ambroise Boulanger, militant de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) depuis 1995, a dénoncé les agissements de la banque. « C’est révoltant de voir ça, on assiste à une véritable chasse à l’homme », déclare-t-il. Lui et d’autres membres du parti ont appelé à manifester, mardi, devant le tribunal de Grande Instance de Bobigny où comparaît Demba Dianka. « On a distribué des tracts devant l’agence BNP Paribas de Montreuil pour sensibiliser les clients. Pour une immense majorité d’entre eux, ils étaient scandalisés », a précisé le militant de la LCR. La demande de recours de M. Dianka a été rejetée, on ignore pour l’heure pour quel motif.

C’est la deuxième fois en un an que la BNP Paribas est impliquée dans ce genre d’affaire. L’été dernier, un jeune homme avait été interpellé dans les mêmes conditions, dans une agence parisienne de la même banque.

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