Un projet d’oléoduc contesté entre le Tchad et le Cameroun

Avant même d’écouler du pétrole, le futur oléoduc financé par la Banque mondiale fait couler beaucoup d’encre. Les ONG accusent le projet d’être dangereux pour l’environnement et jugent qu’il rapportera peu aux deux pays concernés.

Le plus gros projet structurant que l’Afrique ait vu depuis une décennie soulève de fortes contestations – au moins en Europe. La Banque mondiale a approuvé hier le financement du futur oléoduc de 1000 km qui devrait permettre, à partir de 2005, le transport du pétrole qui jaillira du forage de Doba – au Sud du pays – jusqu’aux côtes camerounaises. Ce projet d’un montant de 3,7 milliards de dollars US sera le plus important investissement privé en Afrique dans les prochaines années. La Banque mondiale l’abondera par des prêts propres de 200 millions de dollars et apportera 300 millions supplémentaires de prêts garantis octroyés par un pool de banques.

Depuis plusieurs années, d’importantes organisations non gouvernementales (ONG) attachées à la défense de la nature ont mis en garde la Banque mondiale quant aux risques de dommages à l’environnement que contiendrait ce projet. D’autres associations, citées ce mercredi par le quotidien français Libération, expriment des doutes quant au  » partage équitable des futures ressources du pétrole « . Les  » garanties contre la corruption « , pourtant prévues et entérinées par le pouvoir tchadien, seraient, elles aussi, sujettes à caution.

Dix milliards de dollars

James D. Wolfensohn, président du groupe de la Banque mondiale, balayait aujourd’hui ces objections. Il soulignait notamment  » l’effort de collaboration sans précédent entre la Banque, le consortium d’entreprises privées et les deux gouvernements du Tchad et du Cameroun. « 

Au terme des engagements pris par les deux pays, les entreprises pétrolières prenant part au pipe-line devraient se partager les trois-quarts des revenus de l’opération, estimés à 10 milliards de dollars au total.