Un pas vers la paix au Darfour


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Les autorités soudanaises et le principal groupe rebelle du Darfour, le Mouvement pour la Justice et l’égalité (JEM), se sont engagés ce mardi, à Doha, à entamer des négociations de paix dans les semaines à venir. La signature de cet accord pourrait ouvrir la voie vers la fin du conflit au Darfour qui a fait 300 000 morts depuis 2003.

Un accord cadre a été signé ce mardi à Doha, au Qatar, entre le gouvernement soudanais et le Mouvement pour la Justice et l’égalité (JEM), le plus important mouvement rebelle impliqué dans le conflit au Darfour (ouest du Soudan). Les deux parties, après une semaine de négociations, se sont engagées à entamer des pourparlers de paix. Ils devraient démarrer dans deux semaines et, selon l’ambassadeur du Soudan à Doha, Abdallah Al-Fakiri, cité par l’AFP, un « accord de paix définitif » devrait intervenir dans « trois mois ».

Le leader du JEM, Khalil Ibrahim, a promis de libérer les prisonniers, issus des rangs des forces gouvernementales, « en signe de bonne volonté ». Il a également invité « toutes les parties concernées par le conflit (…), les autres factions (rebelles) ainsi que (des représentants de) la société civile et des pays voisins : le Tchad, la Libye, l’Egypte et l’Erythrée » à prendre part aux négociations de paix. Le représentant du gouvernement soudanais, Nafie Ali Nafie, a affirmé, lui, la détermination de son pays « à instaurer une paix totale au Darfour ».

Le JEM entend désormais négocier avec Khartoum

L’accord de Doha, obtenu sous la médiation du Qatar, des Nations unies, de l’Union africaine (UA) et de la Ligue arabe, marque un tournant dans la résolution du conflit au Darfour. Une guerre qui a démarré le 26 février 2003 avec la prise du chef-lieu de Gulu (Darfour-Nord) par les rebelles du (JEM) et du Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/SLA). Ils réclament alors une répartition équitable du pouvoir et des richesses entre Khartoum et la province occidentale. En août de la même année, les rebelles dénoncent les massacres perpétrés par les milices janjawids, pro-gouvernementales, sur les populations civiles au Darfour. Un accord sera conclu le 5 mai 2006 entre le gouvernement soudanais et les rebelles de la faction majoritaire du SLM/SLA. Une minorité de ce mouvement rebelle et le JEM refusent, pour leur part, de faire la paix. Deux ans plus tard, le JEM lance une offensive de grande envergure sur Khartoum. Un cessez-le-feu a été déclaré en novembre 2008 par Khartoum.

La guerre civile a fait 300 000 morts en six ans, 10 000 d’après les autorités soudanaises, et 2,7 millions de déplacés. La situation humanitaire au Darfour vaut au président soudanais Omar el-Bechir d’être, depuis juillet 2008, dans le collimateur de la Cour pénale internationale (CPI). Il pourrait faire prochainement l’objet d’un mandat d’arrêt international, notamment pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. Selon l’AFP, la faction minoritaire du SLA, qui n’a toujours pas signé d’accord de paix avec Khartoum, mise sur le succès de cette procédure.

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