Un pas de plus sur la route du gaz

Les chefs d’Etat du Togo, du Bénin, du Nigeria et du Ghana ont signé, ce vendredi, à Dakar, l’accord final sur le Projet de gazoduc d’Afrique de l’Ouest. Un pipeline de plus de 1000 kilomètres devrait enfin relier les quatre pays. Il aura fallu presque 20 ans pour réaliser cette coopération énergétique de grande envergure.

Un pas de plus sur la route du gaz ouest-africain. Vendredi 31 janvier, les chefs d’Etat du Nigeria, du Togo, du Ghana et du Bénin se sont réunis à Dakar pour parapher le traité relatif au Projet de gazoduc d’Afrique de l’Ouest (PGAO). Initié en 1982, ce projet aurait dû voir le jour en 2003. Avec un peu de retard et après plusieurs études de faisabilité concluantes, la nouvelle année voit s’achever les derniers préparatifs avant les premiers coups de pioche.

Le pipeline, d’une longueur de 1033 kilomètres, permettra d’acheminer le gaz depuis le delta du Niger jusqu’à Effasu, au Ghana. La Banque mondiale avait déjà conclu à sa viabilité commerciale en 1992, se basant sur une étude réalisée par la firme américaine Chevron. Etude confirmée en mars 1999 par le consortium formé par Chevron, Shell, la Compagnie nationale du pétrole nigérian, la Société togolaise de gaz, la Société béninoise de gaz et la Compagnie nationale du pétrole du Ghana. Phase finale, en février 2000, les quatre Etats concernés ont signé, à Abuja, un Accord de coopération inter-gouvernemental pour définir le plan de travail et les attributions de chacun. Mais le chemin est long pour mettre en place ce projet titanesque qui réunit quatre Etats, deux compagnies pétrolières et trois organismes internationaux.

Un projet viable, mais contesté

La Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest s’est engagée à soutenir le projet par le biais d’une assistance technique et l’Usaid (United Agency for International Development) a fourni un apport financier d’une valeur de 1,55 million de dollars. Selon l’étude réalisée par Chevron, 60 à 80 000 emplois devraient être directement ou indirectement créés pour l’exploitation du gazoduc. La Banque mondiale estime que les trois pays alimentés par le PGAO devraient économiser plus de 500 millions de dollars en s’approvisionnant de cette façon.

L’accord signé vendredi concrétise ainsi le premier grand exemple de coopération au sein du Nouveau partenariat pour le développement (Nepad). Les voix ne s’élèvent cependant pas à l’unisson pour saluer l’événement. Les organisations environnementales, et notamment l’association nigériane des Amis de la terre, n’ont eu de cesse, depuis le début du projet, de dénoncer ses points d’ombre. Selon eux, le tracé du PGAO supposerait le déplacement arbitraire de 50 000 familles dans les quatre pays. Au plan écologique, ils s’insurgent contre l’absence de garanties données par les études de faisabilité. Chez Chevron, on se contente de faire remarquer que le gazoduc devrait considérablement réduire les risques de fuites de gaz qui sont pour le moment monnaie courante au Nigeria.