Un cinéma nomade et engagé

L’association Cinomade réalise et diffuse des films de sensibilisation en Afrique dans divers domaines. Leur site haut en couleurs et bien fourni fait état de leur excellent travail. Des idées engagées et humanistes.

L’idée est originale, engagée et mérite largement qu’on la signale. L’association Cinomade, à but non lucratif, réalise et diffuse depuis quelques années des films de sensibilisation en Afrique. A savoir sur les mines antipersonnel en Casamance, le paludisme au Mali ou encore le Sida. Le site consacré aux travaux de l’association est franchement réussi, clair et accueillant même si peu réactualisé  » faute de temps « , précise Berni Goldblat, volontaire sur le terrain. Des couleurs chatoyantes, des cartes qui situent chaque pays dans lequel un tournage a eu lieu et des photos de cinéma itinérant très réussies qui servent à merveille la cause.

Le cinéma en ballade

Concrètement, l’association Cinomade regroupe une trentaine d’adhérents et dispose de deux volontaires sur le terrain, Berni Goldblat et sa compagne Daphné Serelle. Ce sont ces derniers qui, munis de l’unité de tournage et de montage ainsi que du dispositif de cinéma itinérant, se chargent de réaliser les films. Pour cela ces deux  » nomades « , comme le dit Berni, se rendent dans la zone à laquelle est destinée le film et s’imprègnent de la culture car « c’est le seul moyen d’avoir une connaissance du terrain, de comprendre les problèmes et de faire un travail plus efficace qui touchera les gens « .

Afin de diffuser les films réalisés, l’association propose des soirées de projection sur grand écran. Elles se déroulent en plein air et sont accessibles à tous. Comme le montrent les clichés du site, nos deux volontaires s’arrangent avec les moyens du bord pour que la projection soit une réussite. Une toile blanche tendue entre deux troncs d’arbres, accrochée à des piquets et le tour est joué.  » Un animateur est là pour commenter le film, chauffer la salle ou encore inciter le public à prendre part au débat. Ce qui nous intéresse c’est que les gens prennent position et ne soient pas seulement des consommateurs « , insiste Berni Goldblat .

Ciné engagé

 » Etre utile aux populations en les sensibilisant mais surtout en les obligeant à s’engager et à prendre parti est l’objectif principal de l’association « , poursuit Berni. C’est pourquoi les films sont en langues locales. Nos deux volontaires ont décidé de mettre en place récemment des  » séquences interactives « .  » Ce sont des petites séquences tournées le jour même de la projection dans la ville ou le village dans lesquelles on demande à des personnes leur avis sur le sujet du film. Ces séquences sont diffusées avant le film afin de créer une complicité avec le public « , explique Berni Goldblat.

Le dernier projet de l’association est une collaboration avec l’association burkinabé Sida Ka Taa. Celle-ci oeuvre contre le Sida en organisant chaque année un concours de musique dont le thème est la sensibilisation contre la maladie.  » L’idée d’un travail commun est née d’un constat mutuel : la sensibilisation classique et moralisatrice était un échec. Pourquoi ne pas dès lors essayer autre chose de plus novateur ? « , se souvient Berni. Le film Doni-Doni b’an bela, ce qui signifie  » nous avons tous une part de responsabilité « , est donc né et traite des rapports hommes/femmes, de la sexualité de manière originale et des liens avec le Sida.

L’association Cinomade fait du bon travail et mérite d’être encouragée. D’ailleurs n’hésitez pas à le faire, Berni vous y invite très concrètement :  » si vous avez un vieux véhicule tout terrain, nous en avons besoin pour transporter le matériel de cinéma mobile ! « . Et oui, la motivation et la passion ne font pas toujours assez vivre son homme ! Précipitez vous pour consultez leur site où la plupart de leurs travaux sont signalés.

Visiter le site

Du 8 au 18 janvier, dix projections du film Doni-Doni b’an bela, sont organisées dans dix quartiers de Bobodioulasso (Burkina Faso). Le film a également été projeté lors de la clôture de la CISMA à Ouagadougou. :