Tunisie: les forces de l’ordre chassent les dirigeants d’une cérémonie funéraire

Le malaise semble s’incruster dans la société tunisienne. Outre l’opposition qui se radicalise et compte battre le pavé le 23 octobre prochain, voilà que les dirigeants du pays ont été chassés ce vendredi par des manifestants d’un syndicat policier, lors d’une cérémonie en hommage à deux gendarmes tués par un groupe armé

Le malaise semble s’incruster dans la société tunisienne. Outre l’opposition qui se radicalise et compte battre le pavé le 23 octobre prochain, voilà que les dirigeants du pays ont été chassés ce vendredi par des manifestants d’un syndicat policier, lors d’une cérémonie en hommage à deux gendarmes tués par un groupe armé.

Les dirigeants tunisiens, à savoir le chef de l’Etat, Moncef Marzouki, le Premier ministre, Ali Larayedh et le président de l’Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jaafar ont été conspués par les protestataires, en uniformes et en civil, alors qu’ils devaient participer à un hommage solennel aux gendarmes à la caserne de L’Aouina, en banlieue de Tunis.

Selon le constat d’un photographe de l’AFP, des dizaines de membres du Syndicat des forces de l’ordre ont scandé « dégage, dégage » à l’adresse des dirigeants tunisiens, le slogan phare de la révolution de janvier 2011. Les agents des forces de l’ordre ont confié ne plus « accepter la présence de politiciens ». Ce qu a fait quitter au bout de 20 minutes, les trois dirigeants, qui attendaient dans un bureau de la caserne, sans assister à la cérémonie et sans dire un mot.

Le commandant de la Garde nationale, Mounir Ksiksi, n’a point apprécié le comportement de ses subordonnés et promis des poursuites judiciaires. « Ces comportements feront l’objet de poursuites administratives et judiciaires », a-t-il déclaré à la radio Mosaïque FM.

A noter que seul le ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, a pu assister à la cérémonie dédiée aux deux gendarmes tués jeudi par un groupe armé dans la région de Béja.