Tunisie : les dessous du limogeage du ministre de la Justice

Le porte-parole du gouvernement tunisien est revenu sur le limogeage du ministre de la Justice écarté après des « déclarations manquant de sérieux ». Que s’est-il passé au juste ?

Deux jours après le limogeage du ministre de la Justice, le gouvernement tunisien s’explique. En effet, le porte-parole du gouvernement a déclaré, ce jeudi que le ministre de la Justice, Mohamed Salah Ben Aissa, a été démis de ses fonctions après des déclarations manquant de sérieux dont celles en faveur d’une dépénalisation de l’homosexualité.

Mohamed Salah Ben Aissa a été démis de ses fonctions, ce mardi 20 octobre 2015, sans explication de la part des autorités. L’ancien ministre a fait état de profondes « divergences » avec le Premier ministre, expliquant son limogeage par son opposition à la dernière version d’un projet de loi controversé instaurant un Conseil suprême de la magistrature (CSM). Pour le porte-parole du gouvernement , l’ex-ministre « a donné plusieurs déclarations qui manquaient de sérieux », et sa position concernant le projet de loi a été « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».

Fin septembre, à la suite de la condamnation d’un jeune Tunisien à un an de prison pour pratiques homosexuelles, l’ex-ministre s’était dit favorable à l’abrogation de l’article 230 du Code pénal, qui punit sodomie et lesbianisme de trois ans de prison. Des propos qui ont été désavoués par le Président Béji Caïd Essebsi, lors d’un entretien sur la chaîne privée égyptienne CBC.

Le gouvernement du Premier ministre Habib Essid traverse une période difficile avec deux ministres en moins puisque que le ministre chargé des relations avec le Parlement, Lazhar Akremi, a démissionné trois semaines auparavant en raison d’un manque de « volonté » dans la lutte contre la corruption.