Tunisie : le retour de la censure sur Internet ?

Les Tunisiens s’inquiètent de la mise en place d’un nouveau contrôle accru d’internet. En effet, le 6 novembre dernier, un décret a été voté pour la création d’une Agence technique des télécommunications. Explications.

Les Tunisiens craignent un retour de la censure sur Internet. Et pour cause, la création par décret, le 6 novembre, d’une Agence technique des télécommunications (ATT) permettra de fouiller dans les données strictement personnelles des Tunisiens. La nouvelle agace, mais les autorités affirment que l’ATT permet « d’assurer l’appui technique aux investigations judiciaires dans les crimes en ce qui concerne les systèmes d’information et de la communication ».

L’ATT serait donc une autorité nécessaire, au point de plonger en plein cœur des communications téléphoniques. Le gouvernement tente de rassurer les internautes tunisiens en affirmant que la mise en pratique de ce décret est régie par le respect des conventions internationales relatives au respect des droits humains. Rien de bien rassurant pour des internautes ayant subi pendant plusieurs années la censure et la répression via Internet.

Les Tunisiens peuvent-ils réellement faire confiance à ce nouvel outil censé traquer uniquement les cybercriminels ? Rien n’est moins sûr. La justice tunisienne est, selon le syndicat des magistrats tunisiens (AMT), sous l’emprise du pouvoir. Les défenseurs de la liberté d’expression craignent que l’ATT ne surpasse sa fonction primaire et devienne un outil de répression aux mains du pouvoir.

Alors que certains internautes ironisent, d’autres dénoncent le retour d’une politique à la Ben Ali. Une mainmise sur la justice, les services de sécurité, l’administration publique et privée, Internet… « Et si Ennahda remettait ça ? », s’interroge Le Courrier International.

Et si Ennahda avait déjà remis ça ? Les arrestations arbitraires d’artistes, de journalistes ou encore de blogueurs ne rassurent guère.