Tunisie : Larayedh a démissionné mais l’insurrection à Kasserine continue

La démission jeudi du Premier ministre Ali Larayedh n’aura pas suffit à calmer la tension dans la région du centre-ouest, en Tunisie.

De violents affrontements ont opposé une nouvelle fois manifestants et forces de l’ordre, ce jeudi à Kasserine, dans le centre-ouest de la Tunisie. Des blindés ont été déployés dans la ville, particulièrement dans la cité Ennour, un quartier populaire de la ville. Une image qui pourrait, à moindre échelle, rappeler à certains la bataille de Kasserine qui opposa, du 19 au 25 février 1943, forces américaines et allemandes.

Les autorités semblent vouloir minimiser, voire déguiser la situation à Kasserine. En effet, peu d’informations officielles sur ces heurts ont été données. Mais selon une source policière, les violences ont fait huit blessés parmi les policiers, rapporte l’AFP.

Trois jours de heurts

Le soulèvement à Kasserine a atteint jeudi son troisième jour. Plusieurs bâtiments officiels ont été incendiés. La raison ? L’entrée en vigueur d’une série de taxes sur les moyens de transports privés et professionnels. Accusé de vouloir « semer l’anarchie partout, quelques heures avant son départ », Ali Larayedh a finalement annoncé ce jeudi, quelques heures avant sa démission du poste de Premier ministre, dans une déclaration à la chaîne de télévision nationale Watani 1, le retrait de l’article 66 de la Loi des finances 2014 relative aux taxes sur les véhicules de transport.

Des pillages ont eu lieu à la recette des finances de Thala, dans le gouvernorat de Kasserine. Alors que les forces de l’ordre avaient retiré leur surveillance, des pilleurs ont fait irruption dans le siège de la recette des finances et ont saccagé plusieurs documents, à l’aube de ce jeudi.

Plusieurs habitants tentent néanmoins de canaliser les esprits les plus vifs, afin d’empêcher que la situation ne s’enlise. D’autant plus que la ville est sous le coup d’une grève générale. Malgré la quasi-paralysie, Kasserine entend poursuivre la dénonciation de son exclusion et de sa marginalisation.

Dans la région, la situation reste incertaine ce vendredi, notamment en raison de la présence d’un groupe armé lié à Al-Qaïda, près de la frontière algérienne.