Tunisie : la même arme a abattu Brahmi et Chokri Belaïd

La révélation du ministre de l’Intérieur tunisien est alarmante. En ce sens que l’arme qui a tué le député Mohamed Brahmi, jeudi devant son domicile, serait la même celle qui a servi à abattre l’avocat de gauche, Chokri Belaïd, au mois de février dernier. Deux meurtres qui flanquent un sacré coup à la transition de la Tunisie vers la démocratie.

La démocratie tunisienne est plus que jamais remise en cause. Deux meurtres de personnalités en six mois. C’est un véritable scandale. Et si ces personnalités se trouvent être des opposants, cela donne des frissons. Toutefois, l’histoire semble bégayer dans cette Tunisie de 2013. En effet, cet assassinat de Mohamed Brahmi jeudi, intervient près de six mois après celui de Chokri Belaïd, une autre figure de la gauche tunisienne.

On se rappelle à l’époque que la famille de Chokri Belaïd avait aussi accusé Ennahda, comme c’est le cas pour le meurtre de Mohamed Brahmi. Et dans les deux cas, Ennahda dément toute implication. Encore une fois, le pouvoir en place impute ce crime à un groupuscule islamiste. Sauf que la révélation du ministre de l’Intérieur tunisien, Lotfi Ben Jeddou, qui accuse un salafiste intégriste? d’être à l’origine des deux meurtres donne froid au dos. Le patron de la police tunisienne est allé jusqu’à confier que la même arme a servi à abattre les deux opposants en six mois d’intervalle. Face à la presse cet après-midi, le ministre tunisien de l’Intérieur, a révélé que Boubacar Hakim qui est un élément salafiste extrémiste déjà recherché pour détention et trafic d’armes, est soupçonné d’être l’auteur des deux meurtres. Lotfi Ben Jeddou a en outre indiqué que l’arme qui a servi à cribler de balles Mohamed Brahmi est la même que celle qui a abattu Chokri Belaïd.

Toutefois, le meurtre jeudi, en début d’après-midi, de Mohamed Brahmi, chef du parti d’opposition de gauche, le Mouvement populaire (Echaâb) qui a suivi l’assassinat de Chokri Belaïd, avocat de gauche, le 6 février dernier, sont, au vu du peuple tunisien, deux meurtres politiques. Suffisant pour cela entraîne une crise de régime et pousser le peuple tunisien à décréter une grève générale. Et ce vendredi, non seulement Tunis était quasi-désert, mais la compagnie aérienne Tunisair a annulé tous ses vols.