Tunisie : l’opposition annonce l’échec du Dialogue national

Le dirigeant du courant populaire, Zouheir Hamdi, a annoncé l’échec du Dialogue national, ce lundi sur Shem FM. L’annonce sera faite officiellement ce soir ou demain, selon lui.

Depuis l’assassinat des opposants Chokri Belaïd, le 6 février 2013, et Mohamed Brahmi, le 25 Juillet 2013, la Tunisie est en proie à une profonde crise politique. L’opposition et une frange de la société civile réclament la démission de la troïka au pouvoir, dominé par le parti islamiste Ennahda. Un consensus politique entre le gouvernement et l’opposition avait fini par être trouvé. En effet, Ennahda avait accepté le 28 septembre dernier la feuille de route proposée par le quartet de médiation : UGTT, UTICA, Ligue tunisienne des droits de l’Homme et Ordre des avocats. Ce plan prévoit un dialogue national entre l’opposition et les partis au pouvoir, trois semaines pour former un gouvernement d’indépendants, et un mois pour l’adoption de la nouvelle Constitution.

Seulement voilà, presque deux mois après, rien ou presque n’a encore été réalisé. La première épreuve, le Dialogue national, est un véritable échec. Les deux parties ne s’entendent pas sur le nom du prochain Premier ministre. Zouheir Hamdi, dirigeant du courant populaire, a d’ailleurs affirmé ce lundi 18 novembre, sur les ondes de Shems Fm, que l’échec du Dialogue national sera officiellement déclaré à la suite d’une réunion du quartet avec les partis de l’opposition.

Selon le dirigeant du courant populaire, cette annonce sera faite ce soir, ou demain. Une seconde réunion de l’opposition sera organisée demain afin de déterminer les causes de cet échec et déterminer les responsables.

La fin d’un « ultimatum » ?

Les quatre organisations tunisiennes qui assurent la médiation politique, UGTT, patronat Utica, Ligue des droits de l’Homme et Ordre des avocats, avaient donné jusqu’à ce lundi au gouvernement et à l’opposition pour trouver une solution de sortie de crise. Ces dernières ne parlaient pas d’ultimatum, mais tout porte à croire qu’il en s’agissait bien d’un. Le collectif de médiation entendait proposer d’autres personnalités pour occuper le poste de Premier ministre afin d’élargir le débat.

Suite à cet échec, il se pourrait que la médiation choisisse elle-même le prochain chef du gouvernement tunisien, ou qu’elle propose une liste. C’est ce qui a bien failli se produire il y a deux semaines.

Qu’en sera-t-il désormais ? L’opposition descendra-t-elle à nouveau dans la rue ou est-ce que la médiation proposera un nom pour le prochain Premier ministre ?