Tunisie : l’après-Ben Ali s’organise

Foued Mebazaa, le président du Parlement, assurera la présidence par intérim de la Tunisie. Le Conseil constitutionnel a entériné ce samedi « la vacance définitive du pouvoir » après la fuite la veille Zine el Abidine Ben Ali. Ce dernier a trouvé refuge en Arabie Saoudite et des élections doivent être organisées en Tunisie dans un délai maximum de 60 jours.

Foued Mebazaa, le président du Parlement, est le nouveau président par intérim de la Tunisie. Le Conseil constitutionnel tunisien a constaté ce samedi « la vacance définitive du pouvoir » après la fuite ce vendredi du président Zine el Abidine Ben Ali, chassé par la rue. Les dispositions prévues par l’article 57 de la Constitution ont été suivies après 24h de flottement pendant lesquelles la présidence par intérim a été assurée par le Premier ministre Mohammed Ghannouchi. Ce dernier, contesté dès son annonce, avait évoqué l’article 56 de la Constitution pour s’arroger la présidence par intérim en évoquant l’« empêchement provisoire » du président de la République.

Des élections présidentielles devront être organisées au maximum dans 60 jours, comme le prévoit la Constitution. La France, qui a appelé la Tunisie à «l’apaisement», s’est dit prête ce samedi « à répondre à toute demande de concours afin que le processus démocratique se déroule de la façon la plus incontestable », selon un communiqué de la présidence de la République. L’agence Reuters rapporte également que « les dispositions nécessaires (ont été prises) pour que les mouvements financiers suspects
concernant des avoirs tunisiens en France soient bloqués administrativement ».

La nouvelle « révolution de jasmin » de Mohammed Bouazizi

Après s’être vu refusé l’asile politique en France, Zine el Abidine Ben Ali a trouvé refuge en Arabie Saoudite, à Jeddah, avec son épouse. Ses trois filles, elles, avaient fui vers le Canada quelques jours plus tôt.
Le mouvement populaire, qui a mis fin au régime Ben Ali, a démarré après l’immolation de Mohammed Bouazizi, 26 ans, le 17 décembre dernier. Le jeune marchand de légumes, qui décèdera le 5 janvier, avait commis son geste désespéré devant un bâtiment administratif de Sidi Bouzid, dans le centre du pays, afin de protester contre la confiscation de ses produits par les autorités. La révolte sociale gagnera les jours suivants tout le pays, notamment la ville de Bouziane, au Sud de la capitale Tunis, Kasserine, à l’Ouest, et finalement Tunis et sa banlieue. La nouvelle  » révolution de Jasmin », car l’ancien président Ben Ali avait utilisé le terme lors de son avènement au pouvoir en 1987, a fait au moins 67 morts dans les manifestations sévèrement réprimées par les forces de l’ordre.

Néanmois, le départ du dictateur tunisien n’a pas encore mis fin à l’embrasement social en Tunisie. Selon Le Parisien, l’incendie de la prison de Monastir aurait déjà fait ce samedi au moins 42 morts ce samedi.