
La Tunisie affronte le Japon dans la nuit de samedi à dimanche à Monterrey, lors du 1 000e match de l’histoire de la Coupe du monde. À l’heure où les Aigles de Carthage jouent déjà gros, le parcours de Hiba Abouk, actrice espagnole née dans une famille tunisienne, rappelle le lien puissant qui unit la sélection à sa diaspora européenne.
La Tunisie n’a plus de marge. Battus lourdement par la Suède (1-5) pour leur entrée dans le Mondial 2026, les Aigles de Carthage retrouvent le Japon à Monterrey avec l’obligation de réagir. Cette rencontre, qui sera aussi la 1 000e de l’histoire de la Coupe du monde, arrive dans un contexte brûlant pour une sélection secouée dès le coup d’envoi du tournoi.
Le départ de Sabri Lamouchi, remplacé par Hervé Renard après la déroute initiale, a donné à ce match une dimension encore plus particulière. Le technicien français, double vainqueur de la CAN avec la Zambie et la Côte d’Ivoire, doit remettre de l’ordre et de la confiance dans une équipe fragilisée. Un défi de quelques jours seulement, lui qui n’a été nommé que le 16 juin.
Une Tunisie suivie bien au-delà de ses frontières
Comme souvent avec les sélections maghrébines, ce match ne concerne pas que les supporters présents au pays. De Tunis à Paris, de Marseille à Madrid, la Tunisie sera suivie par une diaspora nombreuse, attachée à des racines parfois vécues à distance, mais que le football ravive à chaque grand rendez-vous.
Dans ce paysage, le nom de Hiba Abouk résonne d’une manière singulière. L’actrice, née à Madrid dans une famille tunisienne, n’a pas besoin de se transformer en supportrice officielle pour incarner ce lien. Son parcours rappelle celui de nombreux enfants de l’immigration nord-africaine en Europe avec une identité construite entre plusieurs langues et plusieurs pays.
Révélée par la série espagnole El Príncipe, Hiba Abouk est devenue une figure connue bien au-delà de l’Espagne. Sa relation puis son divorce avec Achraf Hakimi, capitaine du Maroc, ont encore renforcé cette exposition médiatique. Mais son histoire personnelle dit aussi quelque chose de cette génération européenne aux racines maghrébines, qui peut vibrer pour Madrid, Tunis, Rabat ou Paris sans y voir la moindre contradiction.
Le Maghreb au cœur du Mondial

Le Mondial 2026 donne justement une visibilité nouvelle à ces appartenances multiples. Le Maroc d’Achraf Hakimi porte les espoirs de tout un royaume. La Tunisie tente de sauver son tournoi sous les ordres d’Hervé Renard. Et l’Espagne, pays de naissance de Hiba Abouk comme de Hakimi, doit elle aussi se relancer après son nul inattendu face à d’héroïques Cap-Verdiens (0-0), pour leur toute première apparition en phase finale.
La Roja aura l’occasion de se rattraper dimanche face à l’Arabie saoudite, elle-même tenue en échec par l’Uruguay (1-1), dans un groupe H plus ouvert que prévu. Le Cap-Vert, novice au Mondial, a rappelé face aux champions d’Europe que les petites nations n’étaient plus là pour apprendre, mais pour exister. Un avertissement que la Tunisie ferait bien de méditer avant de défier un Japon discipliné et accrocheur, déjà capable de tenir tête aux Pays-Bas (2-2).
Pour les Aigles de Carthage, une victoire relancerait la qualification et redonnerait de l’élan à une sélection en crise. Par contre, une nouvelle contre-performance, transformerait définitivement ce Mondial en rendez-vous manqué.
Dans cette nuit de football à Monterrey, Hiba Abouk ne sera peut-être qu’un symbole indirect. Mais son nom, ses racines tunisiennes et son parcours européen rappelent que le Maghreb se vit aussi depuis l’autre rive de la Méditerranée.




