Tunisie : Condamnation de M. Taoufik Ben Brik à six mois de prison ferme

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) dénoncent fermement la condamnation de M. Taoufik Ben Brik à six mois de prison ferme.

Le 26 novembre 2009, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Tunis a reconnu M. Taoufik Ben Brik, journaliste et co-fondateur du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), coupable d’“atteinte aux bonnes mœurs”, “diffamation”, “agression”, “détérioration des biens d’autrui” et “blasphème” et l’a condamné à une peine de six mois de prison ferme. Le verdict a été rendu sans lecture publique du prononcé en audience et donc en l’absence de l’accusé, en violation des dispositions du Code de procédure pénale tunisien. Ses avocats vont faire appel.

L’Observatoire et le REMDH réitèrent leurs préoccupations pour l’intégrité physique et psychologique de M. Ben Brik en raison de l’interdiction opposée à tous ses avocats et membres de sa famille de lui rendre visite en prison depuis le 19 novembre 2009.

L’Observatoire et le REMDH rappellent que le procès s’était déroulé le 19 novembre 2009 en violation du droit à un procès équitable et que ce procès, ainsi que d’autres procès menés contre des journalistes ou des personnes en contact avec des journalistes internationaux envoyés en Tunisie pour couvrir les élections du 25 octobre 2009, s’inscrivent dans un contexte de stigmatisation depuis la veille du scrutin du 25 octobre 2009 par les autorités tunisiennes de ceux que le Président Ben Ali avait qualifié de « minorité infime de Tunisiens qui dénigrent leur pays en s’appuyant sur des parties étrangères ». En outre, ce dernier avait annoncé « des mesures » « contre quiconque émettra des accusations ou des doutes concernant l’intégrité de l’opération électorale, sans fournir de preuves concrètes ».

L’Observatoire et le REMDH dénoncent fermement cette politique de répression contre les défenseurs des droits de l’Homme et appellent à une réaction vive de la communauté internationale.

Source FIDH

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