Tunisie : Béji Caïd Essebsi officiellement candidat à la Présidentielle

A 88 ans, Béji Caïd Essebsi est candidat à l’élection présidentielle en Tunisie.

Loin d’être une surprise mais plutôt une confirmation, Béji Caïd Essebsi sera le candidat de Nidaa Tounes à la Présidentielle tunisienne. Ce dernier avait déjà annoncé, en janvier dernier, à Paris, son intention de se porter candidat à la magistrature suprême. Toutefois, sa candidature fait mouche, notamment à cause de son âge, 88 ans.

Jeunes politiques vs caciques

Le chef du gouvernement a « ringardisé » la classe politique tunisienne. Mehdi Jomâa, de par son jeune âge, la modernité de ton qu’il emploie, est devenu, selon Afrique Inside, le symbole d’un renouveau politique en Tunisie. Bien que ce dernier a de nouveau récemment indiqué qu’il ne souhaitait pas se présenter à l’élection présidentielle, il serait, selon la presse, le seul qui pourrait écraser ses rivaux. A 88 ans donc, Caïd Essebsi a l’image d’un politique qui, malgré son âge, ne veut pas raccrocher alors qu’un jeune Premier ministre a annoncé vouloir mettre fin à sa carrière politique après les élections qui doivent avoir lieu à la fin de l’année 2014.

Essebsi, une candidature mitigée

Le leader de Nidaa Tounes a toutefois ses chances d’être élu Président puisque, selon les sondages, il se situe en deuxième position, juste derrière Mehdi Jomâa. Mais à mesure que le temps passe, la côte d’Essebsi pourrait bien s’effriter en raison de l’impulsion donnée par le Premier ministre qui a pris l’habitude de gouverner loin des clivages politiques.

De plus, dans un pays où la grande partie de la population a moins de 40 ans, l’élection d’un homme âgé de 88 ans sonnerait en décalage avec la réalité. Néanmoins, Essebsi conserve ses capacités à diriger un pays, souligne la presse. Et les militants de Nidaa Tounes voient en leur leader une manière de poursuivre sur la voie de la stabilisation du pays.

Actif dans l’arène politique depuis 45 ans, ministre sous Bourguiba, Béji Caïd Essebsi reste convaincu de son destin présidentiel. Seules les urnes, dans six mois, tout au plus, lui donneront raison… Ou pas !