Tunisie : Amina quitte les Femen

Amina Sbouï alias Amina Tyler qui a fait parler d’elle dans toute la Tunisie a décidé de quitter les Femen, mouvement féministe extrémiste pour lequel elle a été plusieurs fois interpellée.

Mais que se passe-t-il dans la tête d’Amina? Contre toute attente, elle a annoncé dans une interview accordée au Huffington post qu’elle quittait les Femen, mouvement féministe extrémiste qui l’a menée sous les verrous.
Pourquoi une telle décision? Les sources du financement du mouvement en seraient à l’origine.« Je ne connais pas les sources de financement du mouvement. Je l’ai demandé à plusieurs reprises à Inna, (leader ukrainienne du mouvement), mais je n’ai pas eu de réponses claires. Je ne veux pas être dans un mouvement où il y a de l’argent douteux. Et si c’était Israël qui finançait? Je veux savoir ».

L’ex-Femen ne veut pas non plus que son nom soit « associé à une organisation islamophobe. Je n’ai pas apprécié l’action où les filles criaient « Amina Akbar, Femen Akbar » devant l’ambassade de Tunisie en France, ou quand elles ont brûlé le drapeau du Tawhid devant la mosquée de Paris. Cela a touché beaucoup de musulmans et beaucoup de mes proches. Il faut respecter la religion de chacun ».

L’anarchie à la Amina

A la question de savoir si elle a adhéré au Feminsim Attack, un nouveau mouvement féministe tunisien, qui a vu le jour il y a quelques semaines, elle a répondu : « A vrai dire, je ne fais pas encore partie de Feminism Attack. Je réfléchis encore». La jeune femme de 19 ans a également précisé pourquoi elle s’est engagée dans son combat contre le système de son pays. « Le problème en Tunisie n’est pas le parti Ennahda ou la personne de Rached Ghannouchi (leader d’Ennahda, ndlr), le problème c’est tout le système. Si l’un de ces partis d’opposition gouvernait demain, ce serait la même chose. On le voit bien au sit-in du Bardo. Mon problème n’est pas de pouvoir porter une mini-jupe ici. Je sais que je pourrai toujours le faire. Mais que demain, une femme puisse devenir présidente de la République, que dans les milieux ruraux, les femmes ne soient pas celles qui souffrent le plus ».

Amina Sbouï qui s’est rebaptisée Amina Tyler lorsqu’elle a adhéré au Femen a encore attiré l’attention sur elle la semaine dernière après avoir mis en ligne des nouvelles photos d’elles la montrant seins nus, provoquant de vives réactions. Elle avait même inscrit sur sa poitrine : « Nous n’avons pas besoin de votre démocratie. Au vu de la situation actuelle en Tunisie, l’anarchie est la seule solution ». Selon elle, « l’anarchie ce n’est pas le désordre comme le pensent certains. L’anarchie ne veut pas dire tout casser, mais casser le système. Bien entendu, si un policier tire sur quelqu’un, je ne vais pas réagir en lui offrant un livre. L’usage de la violence est obligatoire des fois».

Décidément celle qui fut la première Femen en Tunisie n’a pas fini de faire parler d’elle…