Tunisie : Ali Larayedh met en garde contre la « semaine de la colère »

Alors que l’opposition prépare une longue semaine de manifestations, le chef du gouvernement tunisien, Ali Larayedh, a prévenu ce mardi qu’aucune « atteinte » à l’Etat ne sera tolérée.

Le gouvernement tunisien dominé par les islamistes d’Ennahda craint une déferlante de la crise égyptienne en Tunisie. Mardi, le Premier ministre Ali Larayedh a mis en garde les Tunisiens hostiles et l’opposition. Il a prévenu qu’aucune « atteinte » à l’Etat ne sera admise. Un avertissement qui intervient alors que l’opposition prépare une semaine intense en manifestations. « Il n’y aura aucune hésitation ou recul face à ceux qui, par le terrorisme, l’anarchie ou la révolte, porteront atteinte aux institutions de l’Etat », a dit le Premier ministre, selon l’agence tunisienne TAP, en réponse à une question portant sur les manifestations.

La Tunisie est touchée par une grave crise politique depuis près d’un mois, après l’assassinat de l’opposant Mohamed Brahmi, le deuxième en moins de six mois. Depuis, une coalition d’opposants réclament la démission du gouvernement, la composition d’un cabinet apolitique et la dissolution de l’Assemblée nationale Constituante (ANC). Des revendications rejetées par le parti islamiste. Malgré l’échec du premier round, des sessions de pourparlers, chapeautées par la puissante centrale syndicale de l’UGTT, ont lieu à Tunis avec la présence de du leader d’Ennahda, Rached Ghannouchi, du président de l’ANC, Mustapha Jaafar et des membres de l’opposition. L’Allemagne, par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a elle aussi tenté une médiation.

Pendant ce temps, l’opposition prévoit de nombreuses manifestations à Tunis et ailleurs dans le pays, à partir du 24 août. L’action baptisée « semaine de la colère » est censée être le dernier coup de levier pour arracher le départ de l’équipe au pouvoir. Hamma Hammami, figure de la gauche radicale, a précisé lors d’une conférence de presse que le mouvement qui se prépare est pacifique. « Nous n’avons appelé ni à la violence ni à l’effraction (dans des bâtiments publics), juste à des sit-ins pacifiques afin de faire partir la coalition au pouvoir et les responsables désignés sur des bases partisanes et non de compétence », a-t-il souligné.

Après le meurtre de l’opposant Chokri Belaïd, le 6 février dernier, Ennahda a procédé à un léger remaniement ministériel. Qu’en sera-t-il à l’issue de cette « semaine de la colère » ?