Tropiques FM sort de l’onde

Mardi, à 4h du matin, les auditeurs pourront assister à la naissance de Tropiques FM. Diffusée sur la fréquence 92.6 en région parisienne, qu’occupait auparavant Media Tropical, cette radio généraliste a pour cible « l’Outremer et la diversité ». Précisions de Claudy Siar, directeur de la nouvelle venue dans le paysage médiatique antillais.

Offrir un media complet aux Antillais et plus largement à tous les Ultramarins. C’est le défi que Claudy Siar entend relever avec Tropiques FM, qui sera lancée ce mardi à 4h du matin. On se souvient que la reprise de la fréquence 92.6 par l’animateur-producteur de RFI s’était déroulé dans un climat mouvementé : Daniel Valminos, directeur général de Media Tropical, émise sur ce même canal, avait très mal pris l’initiative du présentateur de « Couleurs Tropicales ». A quelques heures de la rentrée de Tropiques FM sur les ondes, Claudy Siar revient sur les aspirations de sa radio, dont les programmes commenceront véritablement à partir du 10 septembre.

Afrik.com : Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Claudy Siar :
Evidemment, il y a toute l’attente de plaire aux auditeurs, de répondre à leurs demandes. Il y a toute la fébrilité que l’on a tous quand on se lance dans une nouvelle aventure ou que l’on rencontre quelqu’un pour la première fois…

Afrik.com : Quel type de radio sera Tropiques FM ?

Claudy Siar :
Une radio généraliste avec des émissions consacrées à la musique, la culture, le divertissement, l’information. Nous avons un partenariat avec RFO, que l’on retrouvera pour les rendez-vous d’information de 7h15, 8h15, 9h15, 12h et pour le journal de 18h30 à 19h, où il y aura un invité (à partir du 24 septembre, ce journal durera de 18h30 à 19h30). Il y aura aussi des programmes d’information produits par Tropiques et présentés par des personnes connues, comme Patrice Ferus, Michel Reinette et Karine Guiock.

Afrik.com : Y aura-t-il des journalistes de Media Tropical sur Tropiques FM ?

Claudy Siar :
Non, mais j’ai pris l’engagement auprès du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) de prendre des animateurs de Media. Mais pour cela, il faut les libérer de toute obligation car ils sont toujours employés chez Media. Je ne veux pas les débaucher, mais que leurs droits soient respectés. Je sais déjà avec qui je veux travailler.

Afrik.com : Certains de vos détracteurs estiment que Tropiques va déposséder les Antillais du principal media qui leur était exclusivement destiné dans l’Hexagone, en raison d’une part plus importante qui serait dédiée à l’Afrique. Que leur répondez-vous ?

Claudy Siar :
La thématique de la radio est très claire. C’est la radio de l’Outremer et de la diversité. Les programmes seront à destination de l’Outremer, les gens qui y officient sont originaires de l’Outremer… On entendra de la musique africaine, mais il n’y aura pas un hit parade de la musique africaine comme sur Media. L’idée est plus d’offrir aux Africains la culture de l’Outremer. D’autre part, s’il y avait eu un sentiment que Media répondait aux attentes, il y aurait eu des milliers de personnes devant le CSA pour protester, mais il y en a eu 200. Media n’était pas une radio représentative de l’Outremer, mais plutôt une radio antillaise. Les Réunionnais n’ont jamais entendu leur musique et les Guyanais s’entendaient si peu que c’est comme s’ils n’existaient pas.

Afrik.com : Vous dites que Tropiques est la radio de l’Outremer et de la diversité. Qu’entendez-vous par « diversité » ?

Claudy Siar :
Aucune personne originaire de l’Outremer ne vit en autarcie. La diversité en France s’exprime à travers les peuples de l’Outremer qui ont en eux de l’africanité, de l’indianité, de l’européanité, ainsi qu’à travers les Africains et les Maghrébins. Tous ne l’acceptent pas, y compris dans la classe politique. On ne peut pas se battre que lorsqu’une injustice concerne les Noirs. Il faut se lever à chaque fois qu’il y a une injustice. Il faut nous battre pour que, au-delà de la communauté de l’Outremer, cette diversité soit acceptée. L’Outremer ne peut pas s’exclure du débat national.

Afrik.com : Quels retours avez-vous eu concernant le lancement de votre radio ?

Claudy Siar :
J’ai eu des retours très positifs de personnes d’Outremer et originaires d’Outremer, malgré les diffamations, les mensonges éhontés… Les gens ont compris que tout ce qui était dit par mes détracteurs était faux.

Afrik.com : Certaines de vos positions vous ont causé des problèmes à RFI par le passé. Tropiques représente-t-il pour vous le moyen de faire passer des messages que vous ne pouvez pas faire passer autrement ?

Claudy Siar :
Tropiques FM et RFI sont deux champs d’action différents et je ne compte pas faire passer mon opinion par l’intermédiaire des animateurs de Tropiques. Quant à RFI, j’ai le sentiment d’avoir fait entendre des messages à RFI que personne n’a pu passer. J’ai une certaine liberté de ton que d’autres n’ont pas. Je n’ai pas de frustration quant à mon travail sur RFI.

Afrik.com : Comment allez-vous gérer votre travail sur RFI et sur Tropiques FM ?

Claudy Siar :
Les choses sont bien partagées. Je suis animateur-producteur sur RFI et je dirige Tropiques. On n’entendra pas ma voix sur cette radio et je n’en aurais aucune frustration. Ce qui est important dans la vie c’est d’avoir de vrais professionnels et de savoir déléguer. Sur RFI, j’ai une super équipe avec laquelle on travaille bien. A Tropiques, j’ai également une belle équipe.

Afrik.com : Existera-t-il un site Internet de la radio ?

Claudy Siar :
Pour le moment, il n’y a qu’une page d’accueil. D’ici la fin de la semaine, il y aura tout un lien avec les membres de l’équipe, le descriptif des programmes, la possibilité de laisser des messages, de créer son blog ou d’acheter de la musique d’Outremer, et par extension d’Afrique. Ce site sera extrêmement dynamique. Il sera animé par Eric Thérèse, qui vient de Skyrock. Le site de cette radio, sur lequel il a œuvré, fait partie de ceux qui rapportent le plus de connexions et d’argent.

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