Trois journalistes de l’opposition détenus en Côte d’Ivoire

Trois journalistes du journal « Notre Voie » sont détenus en Côte d’Ivoire depuis le 24 novembre. Ils sont accusés d’avoir fait courir de fausses informations sur le président Ouattara et d’avoir publié un article sur la prochaine dévaluation de la monnaie ivoirienne.

César Etou, Didier Dépry et Boga Sivori, trois journalistes du quotidien Notre Voie, proche de l’opposition, sont actuellement détenus pour offense au président Ouattara, rapporte la Fondation pour les Médias en Afrique de l’Ouest. Ils sont détenus par la police depuis leur arrestation, le 24 novembre 2011, pour avoir publié de fausses informations sur le président Alassane Ouattara. Ils ont été interpellés après avoir publié un article intitulé : « Pendant que les Ivoiriens meurent de faim et de maladies, Ouattara s’offre 40 Mercedes à 1,04 milliards (soit 1,6 millions d’euros) ».

Didier Dépry, secrétaire-général de la rédaction, a été inculpé pour avoir prétendu que la monnaie du pays serait dévaluée, en dépit des démentis des banques centrales de l’Afrique de l’Ouest et Centrale. Une rumeur qui court actuellement en Afrique de l’Ouest, et dont même les médias occidentaux comme SlateAfrique se font fait l’écho. Cependant, le Procureur de la République a justifié l’arrestation et la détention des trois journalistes sur cette base en expliquant « que le code de la presse punit tous ceux qui font répandre de fausses informations de nature à faire perdre confiance en la monnaie du pays ».

Amédée Assi, président du Groupement des patrons de presse de Côte d’Ivoire (Gepci), pourtant réputé proche du pouvoir, a appelé à la libération de ses confrères considérant que c’était « un préalable » à toute action judiciaire rapporte Jeune Afrique.. Enfin, Notre Voie annonce que les trois journalistes ont entamé une grève de la faim depuis lundi, pour protester contre la violation flagrante de leurs droits et le mépris dont ils sont l’objet de la part du pouvoir en place.