Tribulations d’un Marocain en France

A travers les yeux du petit Ahmed, Dich brosse un portrait de la France des années 70 et 80 et d’une famille d’immigrés marocains. Quelqu’un qui vous ressemble est un livre simple et savoureux qui se lit comme un journal intime.

 » Comment être français pour la vie tout en étant marocain pour l’éternité ?  » C’est la question que le jeune Ahmed se pose très tôt dans le livre de Dich, Quelqu’un qui vous ressemble. A 5 ans, il quitte Douar M’Layna,  » petite bourgade rurale d’un autre temps, située au coeur du Maroc « , pour s’installer avec sa famille dans le sud-ouest de la France. Mohamed, le père, Aïcha, la mère, Driss, le grand-frère, Mustapha, le petit frère et Nourrédine, le cadet débarquent à Bazens, en pleine campagne. L’année 1971 entre déjà dans l’automne.

L’exil,  » seconde naissance  » pour tous les membres de la famille, est racontée par le petit Ahmed, qui se frotte, d’abord avec angoisse, puis avec joie, à la culture occidentale. Tout est sujet d’étonnement et d’envie : la nourriture française, la mixité en classe et la liberté d’expression dont jouissent les élèves, les températures d’hiver, le Père Noël, les épiceries. Dich raconte avec humour et tendresse cet apprentissage de la France et de la vie.

Trois anomalies pittoresques

Le livre est truffé de descriptions savoureuses. Comme lors du premier jour de classe pour Ahmed et ses frères, habillés par leur mère de djellabas.  » Emmitouflés dans le même uniforme, nous représentions trois anomalies pittoresques et incongrues au beau milieu de la classe.  » Ahmed raconte les barrières – réelles ou fantasmées – que rencontre sa famille sur le sol français. Parle de la difficulté de ses parents à s’intégrer totalement alors qu’ils n’ont qu’une idée en tête : revenir au Maroc, une fois l’argent gagné mis de côté.

Raconte la société de consommation, le confort, le choix, l’amélioration de la nourriture qui entrent dans la vie de la famille, même si  » L’Islam étant la part fondamentale de chaque musulman, il était défendu de se laisser imprégner par la culture occidentale, symbole d’athéisme absolu « . Difficile de résister aux appels de la télévision, de la voiture et des gâteaux au chocolat…

Le livre commence et se termine sur l’inconnu. Malgré une fin tragique, ce dernier s’égrène comme un journal intime nostalgique, entre enfance et adolescence. Entre France et Maroc.

Commander le livre : Quelqu’un qui vous ressemble de Dich, éditions Anne Carrière, 2001