Trafic de drogue au Sénégal : Macky Sall limoge le DG de la police


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Le président de la République du Sénégal, Macky Sall, avait exigé la semaine dernière que les résultats de l’enquête diligentée par la Direction de l’Inspection des services de Sécurité, (Diss) sur le trafic de drogue dans la police lui soient communiqués, afin que les mesures appropriées soient prises. Le Président Sall n’a pas tardé à prononcer la sentence. Le commissaire Abdoulaye Niang est démis de ses fonctions de Directeur général de la police nationale et reste à la disposition de la justice.

C’est suite à un rapport d’enquête présenté au président de la République par la Direction de l’Inspection des services de Sécurité (Diss) sur la base d’un autre rapport fourni par le commissaire Cheikhna Cheikh Sadibou Keïta, directeur sortant de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis ), qui faisait état de l’implication du patron de la police, Abdoulaye Niang, dans un vaste trafic de drogue. Macky Sall, de retour d’une tournée africaine devait choisir entre le bâton et la carotte. Le Président Sall a été sans état d’âme. C’est en Conseil des ministres que la messe a été dite. Le commissaire Abdoulaye Niang, accusé d’être mêlé dans une affaire de trafic de drogue, a été démis de son poste de Directeur général de la police nationale. Il est remplacé par le commissaire Anna Sémou Faye, selon un communiqué des conseils des ministres lu par Abdou Latif Coulibaly, porte-parole du gouvernement.

Les raisons de son limogeage

Toutefois, si Niang a été limogé pour « laver son honneur » devant la justice, le gouvernement prévoit également de lourdes sanctions administratives, non seulement, contre Keïta, mais contre tous ceux qui sont impliqués dans ce dossier, persiste encore Coulibaly. Pour ce qui est du commissaire Cheikhna Keita, l’auteur des révélations, l’enquête lui reproche d’avoir menti sur toute la ligne, au sujet des accusations gravissimes portées contre le désormais ancien Directeur général de la Police nationale, Abdoulaye Niang. «Aucune faute particulière n’a été retenue contre Abdoulaye Niang et son limogeage permettra à la justice d’avoir les coudées franches», s’est empressé de dire Latif Coulibaly. Le porte-parole du gouvernement parle aussi « d’allégations mensongères » de la part du commissaire Keita et annonce que ce dernier fera l’objet de « mesures conservatoires et de sanctions disciplinaires ».

La démission du ministre de l’intérieur ?

Interpelé sur l’éventuelle démission du ministre de l’Intérieur, il estime qu’il faut laisser le général Pathé Seck avec son âme et conscience. « C’est à lui de décider de ce qu’il va faire, je ne vois pas la raison qui explique sa démission. Le commissaire Boye qui a mené l’enquête a, en effet, entendu toutes les personnes impliquées dans cette affaire. Il s’agit de l’ancien Directeur général de la Police nationale (Dgpn), des commissaires Codé Mbengue et Abdoulaye Niang, mais aussi, du commissaire Cheikhna Cheikh Sadibou Keïta, ancien Directeur de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), des agents de cette structure et du narcotrafiquant nigérian dénommé Austin, extrait de prison pour être entendu.
Ce qui semble louche dans cette affaire est que le Général Pathé Seck, qui aurait été informé depuis longtemps d’une affaire aussi gravissime, parle de « guerre « fratricide » entre Niang et Keïta. Oui, des commissaires s’accusent de trafic de boulettes de cocaïne dans la police sénégalaise. Le ministre de l’Intérieur parle de guerre fratricide. Il aura fallu la détermination de la presse sénégalaise, notamment le journal Le Quotidien, pour que cette affaire soit enfin tiré au « clair ». Ce qui ne peut en aucun cas, faire du ministre de l’Intérieur, le Général Pathé Seck, un simple témoin.

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