Tractations politiques en RDC : la coalition CACH a-t-elle trahi Vital Kamerhe ?

Quelques semaines après l’installation de Félix Tshisekedi au pouvoir, l’opposition, particulièrement Lamuka, a dénoncé un deal entre l’ancien et le nouveau Président congolais. Les détails de cette entente, jusque-là non connus des Congolais, ont commencé par fuiter. Il aurait été, entre autres, question du soutien de la coalition CACH pour un candidat de son allié, le FCC, au détriment de Vital Kamerhe, à la Présidentielle de 2023.

Félix Tshisekedi et Joseph Kabila

Il n’est un secret pour personne que les coalitions FCC et CACH, qui dirigent le Congo, sont une alliance contre-nature. Et cela se ressent aisément à travers les crises à répétition, les attaques frontales entre les deux camps, depuis l’investiture du Président Félix Tshisekedi. Mais si jusque-là, les Congolais ignorent tout du contenu de ce fameux accord, des bribes d’informations ont commencé par se distiller, du côté du FCC. En témoignent ces propos d’un haut cadre de cette coalition, réputé très proche de Joseph Kabila, sous anonymat et rapportés par Politico.cd : « Nous sommes restés silencieux face aux agissements inacceptables de nos alliés. Nous avons choisi la voie de la raison, car nous sommes liés pour l’avenir. Nous avons un accord signé entre nos deux autorités et celui-ci nous oblige à rester ensemble, même au-delà du mandat actuel du chef de l’État ».

Vial Kamerhe et Félix Tshisekedi

L’homme est allé plus loin pour révéler un détail très intéressant : « Au moment venu, les détails de cet accord seront dévoilés. Retenez simplement que notre coalition est de longue durée. L’accord prévoit que le CACH soutienne notre candidat à la Présidentielle de 2023. Et même au niveau des Législatives, nous pourrions coaliser. Nous devrons donc trouver des mécanismes pour apaiser les tensions et aller de l’avant ».
Si ces propos sont avérés, alors il devient clair que Vital Kamerhe s’est fait avoir par l’UDPS de Félix Tshisekedi, puisque l’accord entre les deux hommes, signé le 23 novembre 2018 à Nairobi, stipulait que la coalition CACH devait porter la candidature du président de l’UNC à l’élection présidentielle de 2023. Et dans ce cas, la thèse du complot ourdi contre leur leader, soutenue depuis le déclenchement de l’affaire des travaux des 100 jours par les cadres et militants de l’UNC, parti de Vital Kamerhe, pourrait se vérifier. Puisqu’ainsi, un bon challenger pour le scrutin de 2023 serait neutralisé.

Kabila et Tshisekedi

Mais là encore, les coalitions CACH et FCC risquent de se donner des coups, puisque la promesse de soutenir un autre candidat pour la prochaine Présidentielle pourrait, dans la pratique, se révéler difficile à respecter pour Félix Tshisekedi que la Constitution du pays autorise à briguer un deuxième mandat. Même si les leaders du CACH et du FCC se sont rencontrés hier pour discuter, entre autres, de l’avenir de leur alliance.