Tractations en série avant le second tour

Kérékou ou Soglo ? Le futur président du Bénin sera élu s’il conclut une alliance avec les deux petits partis du PRD et PSD. Ils totalisent à eux deux plus de 20% des suffrages.

Où sont nos amis ? Une question que se posent les deux candidats béninois, Nicéphore Soglo et Mathieu Kérékou, tandis que leurs QG respectifs épluchent les bulletins de vote et qu’éclatent les inévitables querelles de statistiques. Quels que soient les chiffres retenus au final, il est clair que seule une coalition ou une alliance permettra de désigner le prochain chef de l’Etat.

Les derniers chiffres fournis par la Commission nationale électorale autonome (Cena) donnent le président sortant, Mathieu Kérékou en tête avec 38, 60% des voix. Nicéphore Soglo (Renaissance du Bénin) arrive derrière avec 30, 22%. Les deux autres candidats d’opposition, Hadrien Hougnbedji (Parti du Renouveau Démocratique -PRD) et Bruno Amoussou (Parti Social Démocrate -PSD), recueilleraient quant à eux, respectivement, 15, 88 et 10, 38% des voix. Selon le PC de campagne de la Renaissance du Bénin, qui dénonce des irrégularités, les statistiques sur 72% des voix donnent trois points d’avance à Kérékou (36%) contre leur favori (33% des voix). Les deux autres challengers feraient jeu égal avec environ 13% des voix chacun.

Les petits partis en arbitres

 » De toute façon il y aura au second tour un match Soglo/Kérékou. Mais quel est l’état réel des forces en présence ? Tel est le combat que nous menons aujourd’hui « , explique-t-on dans l’entourage de Nicéphore Soglo. L’heure est en effet aux tractations en coulisse. Au sein du parti libéral on révèle qu’une coalition de toute l’opposition  » contre Kérékou  » est devenue une réalité depuis ce matin. Si tel est le cas, Soglo pourrait bien être élu au second tour.

Pour le PRD, la coalition qui boutera Kérékou hors du Palais présidentiel n’est pas encore d’actualité.  » Nous sommes en pleines négociations avec Soglo et Kérékou. Certes, notre préférence va à Soglo, car nous appelons à l’alternance. Mais aucune décision n’a été arrêtée pour l’instant « , nous a déclaré le porte-parole d’Adrien Houngbedji, Ismaël Tidjani Serpos. L’actuel président de l’Assemblée nationale avait conclu une alliance avec Kérékou au cours des présidentielles. Mais leurs relations s’étaient considérablement détériorées, Houngbedji ayant affirmé que Kérékou n’avait pas respecté ses engagements.