Toofan, la déferlante togolaise

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Sorti début juillet 2009, le troisième album du groupe Toofan, intitulé Carte de visite, fait un carton en Afrique et en Europe. Plusieurs fois numéro 1 du top africain sur Trace TV, le groupe togolais a atteint un nouveau statut . Le single « Déloger » ouvre les portes du succès à la formation qui enchaîne les récompenses et les tournées. Barabas, le chanteur du groupe nous a accordé un entretien.

Toofan_20-_20Carte_20De_20Visite.jpgToofan se taille pas à pas une place dans la cour des grands. Il a été lancé en 2005 avec un album appelé Obragada 2006 dédié à l’équipe nationale de football qualifiée pour la Coupe du monde en Allemagne. La formation comprend alors trois membres. Après la tournée de cet album, ils ne sont plus que deux (Master Just et Barabas), le troisième ayant décidé de poursuivre ses études. A deux donc, ils réalisent deux nouveaux albums Confirmation et Carte de visite qui sera celui de la consécration. Barabas souligne: « Ce n’est que le début du commencement. C’est maintenant que les gens commencent à comprendre qui est Toofan. » Interview.

Afrik.com: Vous avez sorti votre 3ème album intitulé Carte de visite. Pourquoi ce titre ?

Barabas :
L’album est sorti le 4 juillet 2009. La signification du titre ? Je dirais juste que c’est une invitation, au monde extérieur, à venir voir la culture togolaise. Notre musique est juste une carte de visite que tu offres à un étranger pour qu’il découvre notre culture.

Afrik.com: Dans vos trois albums, vous développez un style de musique qui s’appelle Obragada. Ou’est-que c’est ?

Barabas :
Un mélange de rap et d’ambiance. Cette ambiance est urbaine ou traditionnelle, c’est la musique de nos parents qui nous a bercés. C’est un peu ça, mélangé à du rap.

Afrik.com: L’Obragada est-il un concurrent du Coupé-décalé ?

Barabas :
Non. Concurrent pourquoi ? On est en train de faire de la musique africaine. On n’a jamais dit qu’on allait défier quelqu’un. On est tous venus prendre une place que nous avons trouvée. On n’est pas partis faire concurrence à quelqu’un.

Afrik.com: Pourquoi le titre « Déloger » a- t- il eu tant de succès ?

Barabas :
On a eu un grave problème sur les précédents morceaux dans la mesure où on n’avait pas vraiment un staff solide, rien pour faire la promotion de nos chansons. Donc « Déloger » est juste venu au bon moment parce qu’on avait le vent en poupe, on a eu la production et un peu plus d’imagination. C’est pour ça que le morceau a fait un tabac. Nous avons écrit des tubes avant, mais on a eu vraiment un grave problème de promotion. Sinon, à la base,« Déloger » est un titre comme les autres.

Afrik.com: C’est la première fois qu’une chanson togolaise passe sur une chaîne française (Trace TV). Comment cela a-t-il été possible ?

Barabas :
C’est d’abord un morceau qui a vraiment fait un tabac au Togo, et après ça à commencé en l’Afrique de l’Ouest. C’est après le concert de la première partie de Fally Ipupa de janvier, au Zenith de Paris, qu’on a essayé d’approcher les gens de Trace TV. Ils ont écouté, mis le titre en examen. Après, ils ont dit que c’était bon, que ça allait passer.

Afrik.com: Le fait d’être diffusés sur cette chaîne vous a ouvert des portes, des opportunités. Lesquelles ?

Barabas :
Euh… plein. On a fait de la bonne musique depuis 4 ans mais on n’a pas eu la chance d’avoir quelqu’un qui pouvait nous aider à faire de la production. Aujourd’hui, les gens ont commencé à connaître le groupe et le pays. Et nous avons tourné beaucoup. On a été à Dakar, Cotonou, Ouagadougou et au Tchad.

Afrik.com: Qu’est que vous a apporté la production Boss Playa dans vos clips ?

Barabas :
(Rires) Je dirais qu’elle nous a apporté juste une réalisation de vidéos. Nous avons été payés pour ça. C’est comme si j’allais voir quelqu’un pour travailler. En réalité, ils ont fait beaucoup de clips pour beaucoup d’artistes.

Afrik.com: En quelques années vous avez atteint un nouveau statut dans la musique africaine. Comment expliquez-vous cette réussite ?

Barabas:
La réussite passe par notre abnégation. Nous avons commencé depuis 2005 et on s’est dit qu’on était faits pour réussir. On avait vraiment cette rage de vouloir tout gagner, donc je dirais que ce n’est que le début du commencement. C’est maintenant que les gens commencent à comprendre qui est Toofan.

Afrik.com: Comment s’est passée la formation du groupe ?

Barabas :
En 2004, j’ai essayé de rassembler des gens, mais ça n’a pas marché, donc on a laissé tomber. En 2005 on est revenus sur le même projet, essayer de former un groupe de quartier. A la base, j’étais avec Master Just, l’arrangeur du groupe, il m’a présenté un troisième larron et on a commencé à trois. On a enregistré notre premier album Obragada 2006 et on a enregistré un album pour notre équipe nationale. Nous sommes allés en tournée en Allemagne pour la Coupe du monde. Puis le troisième a voulu continuer ses études, on est revenu au pays à deux. Et jusqu’à présent la formation est restée comme ça.

Afrik.com: Pourquoi avez-vous choisi comme nom de groupe « Toofan »? Et quel y est le rôle de chacun ?

Barabas :
Toofan, à la base, c’est déjà le titre d’un grand film à succès indien. Ca veut dire «tout et beaucoup». Master Just est l’arrangeur et ambianceur du groupe, moi je suis rappeur et j’écris aussi.

Afrik.com: Les conditions sont-elles réunies aujourd’hui pour que les artistes togolais puissent bien faire leur métier ?

Barabas :
Il y a beaucoup de problèmes. Dieu merci, en décembre le groupe aura 5 ans, donc on a quand même appris à faire avec. On a eu beaucoup de difficultés qui ont changé le mental du groupe ce qui fait que, c’est vrai , c’est difficile, mais on tient la route quand même.

Afrik.com: Quels sont les problèmes ?

Barabas :
Les mêmes problèmes que les autres. C’est la piraterie, par exemple. Tu sors un disque et 1 mois après toute le monde a le cd, mais en copie. Et puis c’est très difficile d’avoir un producteur à Lomé, parce que beaucoup de gens ne sont pas branchés culture, et c’est un grave problème.

Afrik.com: Quels sont vos prochains projets?

Barabas:
Les projets sont énormes. Déjà, en septembre, nous serons à Miami pour la réalisation de nos nouvelles vidéos parce que notre album single va sortir bientôt. Le 27 novembre, nous jouons à Paris. Et après nous avons le concert des 5 ans du groupe au Palais des congrès de Lomé, le 25 décembre.

Consulter:

 Le Myspace de Toofan