Toile d’entraide sur le Net

Créé en 1996, le réseau Anais est une passerelle informelle d’échanges entre l’Afrique et l’Europe. Anais oeuvre pour la promotion des usages sociaux d’Internet et se fait l’écho de toutes les initiatives de ses membres. Un carrefour de compétences toujours en quête de complémentarité. Interview de Marie Thorndahl, fondatrice du réseau.

Un espace de réunion pour conjuguer les talents, au service de la promotion d’usages sociaux du Net en Afrique et ailleurs, le réseau Anais a déjà cinq ans d’existence. Fort de 2 000 membres à travers le monde et de 15 antennes africaines, le réseau fonctionne de manière décentralisée. Son site Internet fait la synthèse des travaux et des études réalisés, en même temps qu’il offre tous les liens nécessaires pour joindre leurs différents protagonistes. Marie Thorndahl, de la fondation du Devenir (Suisse), initiatrice du projet, revient sur la genèse et le fonctionnement actuel d’Anais.

Afrik : Comment est né le réseau Anais ?

Marie Thorndahl : Le réseau est né suite à un sommet que la Fondation du Devenir a organisé en 1996 sur le thème :  » Les nouvelles technologies de l’information et de la communication : quels enjeux pour l’Afrique ? « . Les avis étaient très partagés à ce sujet. Certains y voyaient un danger pour l’Afrique, une nouvelle forme de colonisation culturelle, d’autres au contraire un formidable outil de développement. A l’issue de ces discussions, nous avons décidé de mettre en place une structure pour essayer de suivre ce qui se faisait en Afrique et offrir une caisse de résonance à toutes les associations actrices de l’Internet sur le continent.

Afrik : Qui sont les membres d’Anais ?

Marie Thorndahl : L’Anais est un réseau informel de la société civile. Il regroupe, en Europe et en Afrique, des individus, des associations, des techniciens, des acteurs du secteur privé, bref, des membres très divers. Et nous comptons justement sur cette diversité pour développer les échanges entre les différentes expertises des personnes du réseau. Car mettre en place des applications d’Internet pour le développement nécessite de nombreuses compétences. A côté des 2 000 membres du réseau, nous disposons d’une quinzaine d’antennes nationales en Afrique et six en Europe.

Afrik : Et le site Internet est le coeur du réseau ?

Marie Thorndahl : Plus maintenant. Il a longtemps été le coeur du réseau, mais aujourd’hui chaque pays a ses propres sites. Mais le site reste un élément central de l’Anais puisqu’il regroupe toutes les actions menées et assure tout un travail de synthèse des réflexions, des résultats et des projets des différents acteurs.

Afrik : Qui est la tête de pont du réseau ? Genève ?

Marie Thorndahl : Plus maintenant. Nous (la Fondation du Devenir, ndlr) avons longtemps animé le réseau Anais, mais nous en sommes aujourd’hui un peu en retrait. Mais c’est très bien comme ça. Le but était aussi d’impulser une dynamique propre au réseau. Il fonctionne de manière décentralisée et des pays comme le Burkina ou le Bénin, entre autres, sont très actifs au sein de l’Anais. Pour notre part, nous attendons le sommet mondial sur la société de l’information de 2003 à Genève organisé par l’Union internationale des télécoms, pour redéfinir notre implication.

Afrik : C’est-à-dire ?

Marie Thorndahl : Pour le sommet de Genève, un secrétariat exécutif va être bientôt nommé. Il y aura des gouvernements, des organisations internationales, des membres du secteur privé et des organisations non gouvernementales. Nous espérons en faire partie et participer au processus préparatoire du sommet.