« Toi-même tu sais », la série qui veille sur la santé des Africains de France

Toi-même tu sais, la série de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) allie humour et information. Elle traite des problèmes de santé des personnes venant principalement d’Afrique subsaharienne et vivant en France. Lancé en novembre 2008, le feuilleton, fort de son succès, a entamé le 1er mars dernier sa 2e saison. Il est actuellement diffusé sur plusieurs chaînes télévisées et sur Internet.

D’abord il y a Alioune, jeune médecin d’origine sénégalaise qui exerce dans la cité où il a grandi. Il essaye de répondre aux soucis de santé des habitants du quartier, dont beaucoup viennent d’Afrique subsaharienne. Il y a aussi Lise, qui est séropositive et qui a subi la discrimination, ainsi que Samba, qui se remémore le moment ou il a annoncé à son père son homosexualité. Voilà quelques uns des personnages de la série « Toi même tu sais », créée par l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé) et écrite par le journaliste et scénariste Stéphane Pocrain. La deuxième saison a débuté le 1er mars 2010 sur des chaînes de télévision [[L’émission est diffusée sur TV5 Monde, Trace TV, Télésud, France O et Canal + Horizons.]] et sur Internet.

Le principe de la série, le voici : il s’agit de répondre de manière simple et complète aux questions de santé spécifiques des ressortissants d’Afrique subsaharienne vivant en France. Car, comme l’explique Sandra Bernier de l’Inpes : « Nous nous sommes aperçus que les migrants d’Afrique subsaharienne avaient des soucis particuliers. Par conséquent, nous tentons d’apporter une réponse en s’approchant le plus possible de leurs problèmes avec un support qui s’adapte à leurs habitudes ». Les sujets traités vont du Sida à la vaccination, en passant par des questions de société comme l’homophobie avec une petite pointe d’humour à la sauce africaine.

« Si vous ne faites pas de piscine, vous n’avez pas besoin d’un dépliant sur la piscine »

La diffusion se fait, elle aussi, de manière à toucher le public concerné. Pourquoi ? Parce que « si vous ne faites pas de piscine, vous n’avez pas besoin d’un dépliant sur la piscine », explique Sandra Bernier. Pour elle, c’est aussi un moyen d’éviter les stigmatisations. « Si certaines campagnes étaient diffusées à l’échelle nationale, elles pourraient apparaître comme discriminantes, parce que mal comprises par les personnes non concernées. Cela pourrait-être le cas quand on lutte contre l’idée reçue que le moustique peut transmettre le sida par exemple. Les codes de l’humour sont également différents, de même que la manière dont sont traités les sujets ».

La série a été un succès dès la première saison. « Le premier épisode de la saison 1 a été visionnée plus de 200 000 fois rien que sur You Tube », explique Jean-Christophe Despres, président de l’agence SOPI qui produit la série. Car les personnes ciblées ont été convaincues, notamment par les histoires écrites par Stéphane Pocrain, et le jeu des acteurs comme Delphine II, Claudia Tagbo, Maka Sidibé ou encore Phil Darwin. « Les personnages sont crédibles, estime une téléspectatrice dans une enquête de l’Inpes, et les sujets traités sont intéressants ».

En joignant l’utile à l’agréable, la petite série qui monte a su convaincre et sensibiliser. A tel point qu’une troisième saison est déjà envisagée.