Test réussi pour un vaccin nasal contre la coqueluche

Des chercheurs européens du programme Child-Innovac, piloté par une équipe française de l’Inserm, travaillent sur un vaccin contre la coqueluche, administrable par voie nasale qui pourrait protéger les bébés de moins de six mois, avec une unique dose.

A l’origine d’environ 300 000 décès chaque année dans le monde, particulièrement chez les nourrissons, trop jeunes pour être immunisés par les vaccins actuels, la coqueluche est une pathologie respiratoire d’origine bactérienne qui se traduit par des quintes de toux violentes. Elle continue de toucher plusieurs dizaines de millions de personnes.

Des chercheurs européens du programme Child-Innovac, piloté par équipe française de l’Inserm, travaillent sur un vaccin administrable par voie nasal qui pourrait protéger les bébés de moins de six mois, avec une unique dose. Selon une étude préliminaire publiée ce mercredi dans la revue scientifique en ligne Plos One, ce vaccin a été testé avec succès sur l’homme.

Les vaccins qui existent nécessitent trois injections au total, le plus souvent effectuées à 2, 3 et 4 mois. Ceci dans le but d’obtenir une protection optimale à partir de 6 mois. Les chercheurs se sont ainsi concentrés sur deux pathogènes respiratoires majeurs que sont le Bordetella pertussis (bactérie déclenchant la coqueluche) et le virus respiratoire syncytial (virus déclenchant les bronchiolites chez les nourrissons). Ces pathogènes atteignent principalement des enfants mal protégés par les vaccins actuellement disponibles.

Le nouveau vaccin est composé d’une bactérie vivante, génétiquement atténuée. Selon Camille Locht, directeur du Centre d’Infection et d’Immunité de Lille et coordinateur de l’étude à l’Inserm qui s’est confié Metronews, « le germe de la coqueluche s’attrape par la respiration. La meilleure protection était donc de privilégier la voie nasale grâce à des gouttes. On a repris ce germe que l’on a rendu inoffensif. Ce qui permet de mimer l’infection naturelle sans pour autant tomber malade ».

Selon les tests effectués, une seule administration nasale suffisait à induire une réponse immunitaire. De plus, le vaccin contre la coqueluche ne présenterait aucun effet secondaire. La recrudescence devient à la limite inquiétante depuis 2010, dans certains pays développés comme les Etats-Unis, l’Australie, l’Angleterre, les Pays Bas et la France.