Terrorisme en Algérie : « Pas question de donner des rançons »

Ne pas céder au chantage des terroristes qui exigent des sommes faramineuses contre la libération des otages, est le crédo le plus inaliénable sur lequel se fonde la position des autorités algériennes.

(De notre correspondant)

« Pas question de donner des rançons ». « La peur doit changer de camp ». Cette fameuse déclaration de Redha Malek, alors chef du gouvernement algérien (1993-1994), est toujours d’actualité. À l’époque où les attaques terroristes faisaient rage dans un pays en pleine turbulence, les responsables locaux s’échinaient, non sans succès, à inverser la donne. Une loyauté toujours en vigueur dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé.

Ce à quoi s’attachent indéfectiblement les autorités algériennes dans leur gestion du dossier portant sur le terrorisme. Durant la deuxième session du groupe de travail sur le Sahel, qui dépend du Forum mondial de lutte contre le terrorisme et qui se tient à Oran ce lundi, les responsables de l’Algérie ne reculent point d’un iota dans une position qu’ils défendent avec opiniâtreté.

Le pays qui a payé un lourd tribut dans sa lutte contre le terrorisme est entrain d’ajuster ses orientations dans le domaine et s’adapter à la nouvelle donne. Surtout après les crises libyenne et malienne qui donnent du fil à retordre aux services de sécurité de l’Algérie , appelés à se déployer pleinement pour maintenir le pays hors du danger.
Quelques mois après l’attaque du site gazier de Tiguentourine dans la wilaya d’Illizi et qui a suscité l’intervention rapide des unités spéciales de l’armée algérienne, la vigilance n’a pas baissé d’un cran. Aussi la situation est parfaitement maitrisée grâce à la coopération entre tous les services de sécurité et le plan qui y est associé est toujours en vigueur.

La situation sécuritaire dans la sous région du Sahel n’est pas la source de préoccupations des responsables algériens seuls. Les Américains qui en font un bastion de leurs intérêts géostratégiques s’en préoccupent également. Et devant les risques croissants de la prolifération des armes de contrebande, les responsables algériens ont rencontré du 12 au 14 juin une délégation des départements américains de la Défense et de la sécurité intérieure. Des consultations entre les deux pays sur les dangers que pose la circulation des armes au Maghreb et dans la région Sahel-Sahara s’effectuent régulièrement.

Devant cette tribune de discussion entre les Etats, un instrument créé en 2011, la politique algérienne de lutte contre le terrorisme, orientée surtout sur l’assèchement des sources de financement de ce fléau planétaire est louée. Les pays les plus puissants militairement et politiquement en reconnaissent les bienfaits et l’adoptent comme principe de base dans le combat acharné contre le phénomène de la terreur.