
Une affaire aux allures de thriller politique secoue actuellement Madagascar. Selon une déclaration officielle de la procureure générale Rakotoniaina Narindra Navalona, onze personnes ont été placées en détention provisoire. Ce, dans le cadre d’une enquête portant sur une tentative d’assassinat visant le président de la transition, Michaël Randrianirina. Deux autres suspects sont toujours activement recherchés. Cette affaire, révélée le 2 avril 2026, fait ressortir une possible tentative de coup d’État.
Les faits remontent au 31 mars 2026. Ce jour, treize individus ont été présentés devant le parquet du tribunal de première instance d’Antananarivo. Ils sont poursuivis pour des charges graves, notamment tentative d’assassinat, complot contre l’État, association de malfaiteurs et détention illégale d’armes. Les autorités judiciaires affirment que ces individus auraient planifié leur action depuis plusieurs mois à travers des réunions clandestines et des échanges cryptés via des applications de messagerie comme WhatsApp.
Une conspiration structurée et des preuves accablantes
D’après les premiers éléments de l’enquête, les suspects auraient mis en place une organisation structurée avec des moyens financiers importants. La procureure générale a révélé que des échanges téléphoniques et numériques compromettants ont été saisis. Ce qui confirme la préparation minutieuse de l’opération. Certains mis en cause seraient même passés aux aveux. Ils reconnaissent leur implication dans ce projet visant à renverser les institutions en place. Plus troublant encore, une somme estimée à 20 milliards d’ariary (plus de 4 millions d’euros) aurait été identifiée sur les comptes de certains suspects.
Cet argent, selon les enquêteurs, devait servir à financer l’opération. Des perquisitions menées à leurs domiciles ont permis de découvrir d’importantes quantités de liquidités ainsi que des armes. Ce qui renforce la thèse d’un complot d’envergure. Parmi les personnes citées dans cette affaire figurent des profils de haut rang, dont un général de l’armée malgache et le colonel Patrick Rakomamonjy. Ce dernier, actuellement en fuite, est une figure controversée de la scène politique récente. Ancien allié du mouvement de la Gen Z, il avait joué un rôle clé dans les manifestations de septembre 2025 ayant conduit à la chute du régime de Andry Rajoelina.
Des figures militaires et politiques impliquées
À l’époque, Patrick Rakomamonjy avait été accueilli comme un héros par une partie de la population avant d’être nommé à un poste stratégique au sein de la présidence de la transition. Cependant, son passage au pouvoir fut de courte durée : il a été limogé seulement huit semaines après sa nomination. Depuis, il multiplie les prises de parole sur les réseaux sociaux ; il ne manque pas de dénoncer ce qu’il qualifie de dérives et de pratiques mafieuses au sommet de l’État. Cette affaire intervient dans un contexte politique particulièrement tendu à Madagascar.
Le Président Michaël Randrianirina avait lui-même évoqué, quelques jours auparavant, une menace directe contre sa personne et celle de son épouse. Lors d’un déplacement à Malabo, il avait alerté sur une tentative d’assassinat en préparation. Ce qui renforçait les inquiétudes quant à la stabilité du pays. De son côté, le colonel Rakomamonjy affirme être lui-même la cible d’un complot orchestré par des responsables gouvernementaux. Des accusations croisées signe d’un climat de méfiance généralisée au sein des élites politiques et militaires.




