Tensions en Côte d’Ivoire : quand l’autorité de la presse accuse les médias et non Ouattara

Le Président de la Côte d'Ivoire, Alassane Dramane Ouattara

En Côte d’Ivoire, en lieu et place de pointer du doigt le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, dont l’annonce d’un troisième mandat a déclenché la spirale de violence, l’autorité nationale de la presse a accusé les médias.

L’autorité nationale de la presse en Côte d’Ivoire a accusé les médias d’avoir « contribué à engendrer la violence qui secoue actuellement le pays en relayant des propos haineux ». cette sortie intervient après les dizaines de manifestants qui ont lieu dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, contre la candidature du Président Alassane Ouattara. Plus de 5 morts sont é déplorer et plus d’une centaine de blessés.

« La presse d’informations générales ouvre largement ses colonnes à la propagation de propos outrageants, voire haineux, ou à des mots d’ordre insurrectionnels », a indiqué, dans un communiqué, l’Autorité nationale de la presse (ANP), qui se dit convaincue que les médias ivoiriens sont en partie responsables des manifestations et des heurts

Pour l’ANP, qui a par ailleurs pointé du doigt le rôle des réseaux sociaux, cette conduite « contribue à l’enlisement du climat sociopolitique au mépris des exigences de la profession ». Seulement, l’ANP semble faire fausse route. Car, le calme, même s’il était précaire, compte tenu des tensions déjà soulevées par les autorités, notamment la chasse à l’homme lancée contre l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, était de mise dans le pays.

Qu’est-ce qui a alors changé la donne ? Ce que tout le monde sait : un Président, qui avait donné sa parole de respecter la Constitution, et quitter le pouvoir après deux mandats, retourne sa veste en un temps record. Entre le 5 mars, lorsqu’il annonçait son retrait de la course au moelleux fauteuil présidentiel, et le 6 août, alors qu’il annonçait sa candidature, tout s’est joué dans cet intervalle.

Quant à la presse, messieurs les membres de l’ANP, elle n’a fait que son travail de collecte et de traitement de l’information. Elle a rappelé les propos du Président Ouattara alors qu’il annonçait son retrait. La presse a transmis les nouvelles paroles du chef Ouattara qui ravale son vomi et se dit candidat. Les médias ont ensuite donné la parole aux différentes parties, en couvrant naturellement les manifestations.

Dans ce cas, que peut-on reprocher à la presse ivoirienne ? Rien. Absolument rien. A moins qu’on ne soit de mauvaise foi. Car le coupable de la situation qui règne dans le pays de Félix Houphouët-Boigny, tout le monde le connaît. Toute cette tension en Côte d’Ivoire n’est que l’apanage d’une seule et unique personne, qui a pris goût au pouvoir. Ouattara ou un ADO qui ne veut pas… grandir.