Tchad : la Constitution sénégalaise permet désormais de juger Hissène Habré

Le Sénégal est désormais en mesure de juger l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré sur son territoire grâce à une modification constitutionnelle votée mercredi. L’ancien chef d’Etat y a trouvé refuge en 1990 après avoir été renversé. Hissène Habré est accusé de « tortures, crimes de guerre et crimes contre l’humanité » pendant son règne, entre 1982 à 1990.

Avec Panapress

L’ancien président tchadien Hissène Habré sera jugé au Sénégal. « Nous nous acheminons vers l’ouverture de l’instruction de manière sûre et certaine », a déclaré mercredi le ministre sénégalais de la Justice Madické Niang. Il s’exprimait après l’adoption par le Congrès du Parlement sénégalais (Assemblée nationale et Sénat) d’une modification constitutionnelle majeure. Elle permettra à la justice sénégalaise de se doter d’une cour suprême pour conduire le procès de l’ancien président tchadien Hissène Habré.

L’amendement constitutionnel « confirme la compétence de la justice sénégalaise pour juger des crimes contre l’humanité perpétrés par le passé (et) lève tout obstacle au jugement de Hissène Habré », indique un communiqué de Human Rights Watch (HRW). L’organisation non gouvernementale défend les victimes du régime de Hissène Habré.

Le Sénégal attend les 18 milliards de l’aide internationale

Chargé par l’Union africaine (UA) d’organiser un procès à l’ancien président tchadien, le Sénégal a estimé à 18 milliards de F CFA, le coût pour l’organisation d’un tel procès. « Nous n’avons reçu aucun sou jusqu’à ce jour des donateurs. La seule mise qui nous permet aujourd’hui de travailler, c’est (…) un milliard » de FCFA (1,52 million d’euros) issu des caisses de l’Etat sénégalais. Cette somme permet de faire face aux « premières urgences », selon le Garde des sceaux.

Le ministre a également annoncé la désignation par le procureur de la République de quatre juges d’instruction dans l’affaire Hissène Habré. Un magistrat avait été nommé en mai dernier comme « coordonnateur de la préparation et de l’organisation » du procès.

Le président tchadien est réfugié au Sénégal depuis sa chute en 1990. Il est accusé de « tortures, crimes de guerre et crimes contre l’humanité » dans son pays alors qu’il était en exercice de 1982 à 1990.

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