Tchad-France : après 18 mois de rupture, Paris et N’Djamena renouent leur coopération militaire


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L'armée française
Des éléments de l'armée française

Près de dix-huit mois après le retrait des dernières troupes françaises du Tchad, Paris et N’Djamena amorcent un nouveau chapitre de leur coopération militaire. Loin du modèle qui prévalait avant janvier 2025, le partenariat qui se dessine repose désormais sur un format plus limité, sans retour annoncé des bases militaires françaises permanentes. Cette évolution intervient alors que l’armée tchadienne fait face à d’importants défis sécuritaires, notamment dans le bassin du lac Tchad.

La rupture avait pourtant été spectaculaire. En novembre 2024, les autorités tchadiennes avaient annoncé leur décision de mettre fin à l’accord de coopération en matière de défense avec la France. Quelques semaines plus tard, le retrait français était engagé. Au 31 janvier 2025, Paris avait achevé la restitution de ses emprises militaires de N’Djamena, Faya-Largeau et Abéché. Environ 1 000 militaires français avaient alors quitté le pays, mettant un terme à une présence militaire française quasi continue de plus de six décennies.

Une coopération militaire sous une nouvelle forme

À l’époque, Paris avait néanmoins pris soin de distinguer le retrait militaire de la rupture de la relation franco-tchadienne. Le gouvernement français avait notamment souligné que la fin du dispositif militaire ne signifiait pas nécessairement celle de la coopération dans le domaine de la défense. Cette position trouve aujourd’hui une traduction concrète avec les discussions engagées pour reconstruire un partenariat adapté aux nouvelles exigences de N’Djamena.

Le rapprochement actuel ne signifie pas la reconstitution du dispositif français d’avant 2025. Selon les informations relayées, Paris et N’Djamena privilégient désormais une coopération plus discrète et ponctuelle. La formation des militaires tchadiens, le renseignement et les capacités aériennes figurent parmi les principaux domaines appelés à être renforcés.

Volonté de relancer le partenariat franco-tchadien

Des militaires français auraient ainsi repris des activités au Tchad depuis avril 2026 dans le cadre de ce nouveau format. L’objectif est notamment de répondre à certaines lacunes apparues après le départ des forces françaises : surveillance du territoire, appui aérien, évacuation de soldats blessés et collecte du renseignement. Le retour d’une présence française s’effectuerait donc davantage sous la forme de missions ciblées que d’un déploiement militaire permanent.

Cette évolution intervient après une rencontre déterminante entre les Présidents Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby. Le 29 janvier 2026, les deux chefs d’État avaient affiché leur volonté de relancer le partenariat franco-tchadien sur la base d’intérêts communs et d’un respect mutuel renouvelé. Les questions de sécurité figuraient parmi les dossiers examinés.

Le lac Tchad au cœur des préoccupations sécuritaires

Pour N’Djamena, l’enjeu est avant tout opérationnel. Le bassin du lac Tchad demeure confronté à la menace de groupes armés affiliés à Boko Haram et à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). La Force multinationale mixte, qui réunit notamment le Tchad, le Cameroun, le Nigeria et le Niger, poursuit ses opérations contre ces organisations. En avril 2026, l’opération Lake Sanity III a notamment été lancée dans le cadre des efforts régionaux contre Boko Haram et l’ISWAP.

L’Union africaine souligne des progrès dans la perturbation des réseaux logistiques et des mouvements des groupes armés, tout en appelant à consolider les acquis sécuritaires. Dans ce contexte, le soutien français peut répondre à des besoins très précis de l’armée tchadienne. Avant leur départ, les forces françaises apportaient notamment leur expertise dans la formation, les transmissions, la planification opérationnelle, le déminage et le soutien aux opérations.

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