Tchad : des Marines américains en renfort pour lutter contre le braconnage

Une équipe de 15 soldats du corps de l’élite de l’armée américaine devrait être déployée dans quelques jours dans le parc national de Zakouma, afin de former les forces locales à la lutte contre le braconnage.

Les Marines partent à l’assaut des braconniers. Une petite équipe, composée de 15 soldats de l’unité d’élite de l’armée américaine, devrait se rendre prochainement au Tchad, dans le parc national de Zakouma, rapporte l’AFP.

Sur place, les Marines devront entraîner des Rangers tchadiens, membres d’une brigade mobile du ministère de l’Environnement dédiée à la traque des braconniers. Ils les formeront notamment aux patrouilles, au tir et à l’orientation. « Ces compétences aideront à empêcher le braconnage, à enquêter sur les incidents et à poursuivre les criminels », explique le corps des Marines dans un communiqué transmis jeudi à l’AFP.

Le corps de soldats de l’armée américaine devrait arriver au Tchad fin avril, et y rester environ un mois. Tous appartiennent à une unité spécialisée implantée sur la base de l’OTAN de Sigonella, en Italie, la Special Purpose Marine Air-Ground Task Force, qui est dédiée à des missions de coopération militaire en Afrique.

Le nombre d’éléphants divisé par 10 depuis 2005

Le parc de Zakouma , situé au sud du pays, est particulièrement menacé par le braconnage des éléphants. L’intensification de la pratique y a ainsi fait passer la population de 4 000 à 450 spécimens entre 2005 et 2010, selon l’ONG African Parks. Fort d’une superficie de 3 000 km², le parc, créé en 1963, bénéficie toutefois depuis 1989 d’un programme de restauration soutenu par l’Union Européenne.
Les pachydermes qui y vivent bénéficient de la protection du gouvernement tchadien, toute chasse à l’éléphant étant interdite dans le pays. Cependant, le Tchad, à l’instar de nombreux pays africains, est frappé par une recrudescence du braconnage ces dernières années. Une nette augmentation qui s’explique par une demande de plus en plus forte du marché noir de l’ivoire, produit dont certains prétendent à tort qu’il est doté de vertus médicinales. L’ « or blanc » voit pourtant son commerce banni dans la plupart des pays d’Afrique depuis un moratoire de 1989.

Devenue une véritable économie parallèle, le prix du kilo d’ivoire a atteint des records ces derniers mois, dépassant les 2 000 dollars sur le marché noir asiatique. Selon un rapport du WWF de 2013, le chiffre d’affaires du braconnage serait ainsi estimé à 19 milliards de dollars par an.

L’année de 2013 a vu une explosion du nombre d’éléphants et de rhinocéros braconnés sur le continent africain, notamment au Kenya et en Afrique du Sud.
Concerné par ces phénomènes, il y a quelques semaines, le Programme des Nations-Unies pour l’environnement (PNUE) avait appelé la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour lutter contre le braconnage, soulignant que « cette criminalité, alimentée par la demande et l’anarchie, est non seulement en train de détruire les espèces, les habitats et les communautés, mais met également en péril la paix et la sécurité internationale ».