« Taziri », le clair de lune berbère de Titi Robin et Mehdi Nassouli au Maroc

Le musicien-voyageur Titi Robin, amateur de musiques nomades, est parti à la rencontre des musiques berbères du Maroc. Avec Mehdi Nassouli à la guitare saharienne guembri, ils signent un album lumineux et grave comme un clair de lune : « Taziri ».

Car « Taziri » signifie « Clair de lune » en berbère marocain… Dans cet album, Titi Robin, qui voyage depuis plus de vingt ans sur les routes d’Orient, du Maghreb, de Turquie et d’Inde, et qui aime à chaque séjour dialoguer en musique avec des artistes des régions qu’il traverse, a choisi comme partenaire Mehdi Nassouli, musicien gnawa marocain, qui est aussi à la voix, et qui chante ici accompagné de la guitare saharienne guembri, ou bien du tambourin bendir.

Tous deux sont accompagnés ici des musiciens-complices de Titi, le Français Francis Varis à l’accordéon et le Brésilien Zé Luis Nascimento aux percussions, mais aussi du Marocain Foulane Bouhssine au violon ribab et des frères Saadna, gitans de Perpignan, aux frappes de mains « palmas », si importantes dans la musique gnawa. Ils nous offrent ainsi un disque où alternent les compositions mélancoliques et douces, nées de ces moments de douceur et de paix qu’offrent les soirs couchants ou les levers de soleil dans les sables du Sahara, mais aussi des pièces très énergiques et pulsées, parce que la fête est là aussi parfois, et la joie de vivre, comme sous toutes les latitudes, même les très chaudes de la planète !

Et Titi Robin, de la même manière qu’il se « fond » dans les musiques du Rajasthan lorsqu’il part en Inde, devient tout à fait Marocain ici, baignant comme s’il était chez lui dans cette musique gnawa, comme il était à l’aise parmi d’autres peuples nomades ou ruraux, qui accordent, comme tous ceux qui ne privilégient pas le matériel dans leur vie, une place centrale à la musique et à la spiritualité, souvent synonymes, dans leur vie quotidienne.

Titi Robin, avec Mehdi Nassouli, « Taziri », World Village/Harmonia Mundi