Tanya Stephens chante un reggae humaniste

Tanya Stephens en concert

Tanya Stephens savoure la vie, la chérit et ne l’encombre pas de faux problèmes. C’est sa philosophie, sa Rebelution, comme indique le titre de son dernier album. En concert mercredi à Paris, nous avons rencontré la princesse jamaïcaine du reggae. Elle n’hésite pas à taper sur la religion et se distancie de certains confrères homophobes.

Tanya Stephens est cool. Très cool. Cette « reggaewoman » jamaïcaine est restée trois quart d’heure bloquée en voiture aux abords de la rue d’Enghien, où se trouve Afrik, parce que les policiers bloquaient l’accès. Manifestation oblige. Beaucoup auraient été agacés par ce remue-ménage, mais pas elle. Au moment où nous l’avons rejointe, elle était on ne peut plus zen. Elle est comme ça, Tanya, elle ne se prend pas la tête.

N’allez pas croire pour autant qu’elle est je-m’en-foutiste. Elle attache de l’importance à ce qui lui importante vraiment : sa musique, les gens qu’elle aime, les gens qui l’aiment. Pas forcément dans cet ordre-là, d’ailleurs. C’est à 17 ans que cette jeune mère est tombée dans la vibe reggae. « Cela fait partie de notre culture, je n’avais pas vraiment le choix ! » dit-elle en riant. Pas le choix, mais elle en a fait des merveilles. Son dernier album, Rebelution, sorti en France le 4 septembre, est pétri de diverses influences musicales. « Je m’inspire de tout ce que j’ai vécu, de tout ce que j’ai écouté », explique-t-elle ssimplement.

La religion clouée au pilori

Le résultat, un opus à son image : pluriel, plein d’énergie et de vie. Plein d’entrain et d’espoir pour une humanité plus juste. Car c’est ça la révolution de Tanya, faire que les hommes regardent ce qui les rassemble plutôt que ce qui les divise. A ce sujet, elle n’hésite pas à relever dans la bible ce qu’elle estime être des contradictions. Dans un interlude, elle demande avec un ton ironique, intantinet impertinent : « Si Jésus avait un problème avec l’alcool, est-ce qu’il aurait changé l’eau en vin ? »

Sa cible est surtout la bible, mais, en fait, c’est la religion en général qui lui pose problème. « Elle a vraiment été faite pour donner le pouvoir à un groupe sur un autre, qui est pénalisé, opprimé, commente-t-elle. C’est en particulier vrai pour la bible, qui dit d’aimer tout le monde et, en même temps, donne le droit de pénaliser un groupe. C’est vraiment ridicule, puisque l’amour est sensé être inconditionnel. »

L’homosexualité, et alors ?

Une allusion au fait que l’homosexualité soit perçue dans les Saintes Ecritures comme un péché. « Lorsque je rencontre quelqu’un, je rencontre une personnalité. Je me moque de son affiliation politique, de sa religion ou de son orientation sexuelle. Ça ne fait aucune différence. Et ça ne doit pas en faire: chacun a le droit de faire ce qu’il veut. Pour moi, ce n’est pas un problème et ce ne sont pas mes affaires. Pas plus que mes choix sont celles des autres », souligne Tanya avec fermeté.

Un discours qui fait mouche dans la reggae-sphère, où les textes homophobes sont légion. Dans le titre « Do you still care », l’artiste de 33 ans, savoureusement drôle et entière, dénonce d’ailleurs l’homophobie. C’est ce qui a attiré de nombreux medias français qui l’ont interviewée. Alors, n’est-ce pas réducteur de ne retenir que ce titre, où seul un couplet est consacré au sujet ? « Cela ne me fait rien, je préfère qu’il retienne juste ce titre plutôt qu’ils ne retiennent rien du tout ! » La preuve par A+B que Tanya Stevens reste positive en toute circonstance.

 Tanya Stephens, en concert mercredi 7 février à l’Elysée Montmartre de Paris

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