Tananarive se transforme en far-west

La capitale malgache a une poussée de fièvre. Depuis un mois, les avis de recherche foisonnent sur les murs de Tananarive. En moins d’un mois, deux primes ont été lancées contre des  » truands et meurtriers « . L’une d’elle atteint le chiffre magique d’un milliard de Fmg. Les chasseurs de primes sont lancés.

Wanted, le mot anglais est entré dans les moeurs des malgaches. Depuis un mois, deux avis de recherche ont été lancés contre  » des truands et des meurtriers « , le premier par la province autonome de Mahajanga et le deuxième par des inconnus. 45 prisonniers avaient réussi une évasion spectaculaire du centre pénitencier de Mahajanga. Plusieurs d’entre eux sont encore en liberté. Et c’est pour les arrêter que la province offre une prime de…50 000 Francs malgaches (5 FF) pour chaque prisonnier. A Madagascar, aucune texte n’interdit cette pratique. C’est au même moment qu’une autre tête a été mise à prix, dans des conditions obscures, pour la somme astronomique d’un milliard de Fmg. Cette fois-ci, son montant a réveillé les appétits des chasseurs de primes.

Pour une poignée de dollars

Ruée de chasseurs de primes. Suite à un massacre à Fenaorivo, banlieue de Tana, il y a près de trois semaines, une prime d’un milliard de Fmg a été lancée sur la tête du principal suspect, Taky Mamod Abasse. Depuis, c’est la course entre la police et les chasseurs de primes.  » Cette prime émane de la communauté indo-pakistanaise, qui veut venger l’assassinat de presque toute une famille par un ou plusieurs criminels. Les malgaches n’ont pas les moyens de payer une telle somme « , explique Stéphane Somotrino, fonctionnaire au ministère de la Justice. Il s’inquiète de la prolifération de ces avis de recherche placardés un peu partout à travers la ville, car personne ne sait réellement si le suspect est coupable ou non.  » Même s’il n’est pas innocent, c’est à l’Etat que revient le droit et le devoir de le juger « . N’empêche, les chasseurs de primes sont lâchés.

C’est l’ambassade américaine qui a introduit le système de primes à Madagascar en 1998 en mettant à prix la tête d’un évadé du tristement célèbre bagne de Nosy Lava, accusé d’avoir assassiné une citoyenne américaine, pour la somme de cinq millions de Fmg. Ce n’était qu’un début !