Ta haine, ma peur

Premier roman d’un jeune auteur, d’origine congolaise. A 25 ans, Patricia Kim nous livre son premier roman. Inspirée autant par les polars que par sa propre vie, elle cherche à nous alerter sur certains signaux passés au rouge dans notre société, sans se départir de sa mission première qui est de nous divertir.

Tard le soir, dans les rues de Paris, imaginez une jeune femme traquée : elle tente d’échapper à des agresseurs d’un genre particulier. Pourquoi est-elle poursuivie ? Elle ne le sait pas. Par qui est-elle poursuivie ? Elle en a une vague idée.

Ce dont elle est sûre : tout a commencé le jour où elle reçut le premier e-mail anonyme. Et depuis elle avait commis trois erreurs :

1. Ne pas prendre ces menaces au sérieux. Alors que c’était une déclaration de guerre.

2. Ne pas se méfier assez des gens qui l’entourent. Alors que l’ennemi semblait étrangement la connaître.

3. La dernière erreur d’Andréa fut la plus grave : s’imaginer pouvoir se faire justice elle-même.

Un thriller qui prend comme toile de fond un racisme ordinaire, aboutissant ici à un fait divers glaçant. Ta Haine, ma peur est un roman de campus mêlant habilement le suspense et l’étude sociale, l’auteur nous avertissant que des idées extrêmes au passage à l’acte, la frontière est parfois mince.

Extraits

– C’était quoi la scène de tout à l’heure ? demanda Alexis.

 Je ne sais pas trop. Sûrement une menace.

 Tu as bien une idée ? Pourquoi on t’en veut ?

 Je crois que c’est parce que je suis Noire.
C’est alors qu’elle aperçut la voiture. Andréa essaya de se rassurer mais déjà sa respiration se faisait saccadée.
La voiture, dont les feux étaient aveuglants serait bientôt à leur hauteur. Son coeur battait à toute allure. Pourquoi avançait-elle si lentement ? Ce n’était pas normal.

 Andréa, ça va ?
Elle s’immobilisa. La voiture aussi s’était arrêtée à une dizaine de mètres d’eux. Elle avait à la fois quelque chose de menaçant et d’irréel ainsi arrêtée, pleins phares, pile en face d’eux.

 Oh non, souffla-t-elle.

 Andréa ? fit Alexis en posant une main sur son bras.
Ce fut comme un déclencheur.

 ALEXIS, COURS ! hurla Andréa.

 Quoi ?

Elle le tira par le bras et se mit à courir de toutes ses forces dans le sens opposé. Au même moment, elle entendit vrombir le moteur de la voiture qui s’élançait derrière eux.

Le coeur d’Andréa était sur le point de lâcher, elle n’avait jamais couru aussi vite, elle n’avait plus de souffle,elle avait l’impression que son coeur pouvait éclater à tout moment mais elle continuait, Alexis à ses côtés. Elle ne voyait pas la voiture mais la sentait se rapprocher encore et encore, les pneus crissaient, le moteur vrombissait, elle entendait presque le conducteur écraser la pédale de l’accélérateur. Elle prit le risque de jeter un coup d’oeil derrière elle et elle écarquilla les yeux devant le spectacle qui s’offrait à ses yeux : la voiture était à présent engagée sur le trottoir sur lequel ils courraient, et dan s cinq secondes, Alexis et elle se feraient emboutir. Quatre secondes.Trois secondes. On est fichus. Deux secondes…

ISBN : 978-2-296-56584-5 • 250 pages

Prix éditeur : 24,5 €
Éditions l’Harmattan