Suède : une installation fait scandale pour ses connotations racistes

La performance artistique de l’artiste suédois d’origine africaine Makode Lindé a choqué certains de ses compatriotes qui la qualifient de raciste. Son œuvre, un gâteau en forme de buste d’un femme noire, a été coupé au niveau des parties génitales pour dénoncer l’excision en Afrique.

Makode Linde voulait dénoncer les mutilations génitales en Afrique mais sa performance a indigné la Suède et a été qualifié d’acte raciste par plusieurs associations suédoises. L’artiste suédois, d’origine africaine, a imaginé une installation où un gâteau, représentant un buste de femme noire, est coupé au niveau des ses parties génitales. Objectif : démontrer l’horreur de l’excision. Pour célébrer la Journée mondiale de l’art, le 15 avril, l’œuvre a été inaugurée avec enthousiasme par la ministre suédoise de la Culture Lena Adelsohn Liljeroth au Moderna Museet de Stockholm. A l’instar de la ministre, tous les convives étaient invités à se servir une part du gâteau, selon le rituel convenu. A chaque coupe, Makode Linde, dont la tête grossièrement maquillée complétait l’œuvre, criait pour exprimer la douleur des femmes mutilées. L’artiste a publié des photos et des vidéos de son œuvre, qu’il décrit comme des images de sa « performance de mutilation génitale féminine (…) » sur sa page Facebook.

Une œuvre choquante

Tout en soulignant l’impérieuse nécessité de lutter contre les mutilations génitales pratiquées à divers endroits de la planète, plusieurs associations reprochent à Makode Linde de véhiculer des clichés purement racistes. Selon ces associations, son gâteau serait une caricature des femmes africaines, outrageusement maquillées, qui auraient un gros ventre et une poitrine opulente. Kitimbwa Sabuni, la porte-parole de l’association nationale afro-suédoise, considère que « la participation du ministre – qui riait, buvait et mangeait du gâteau – a amplifié l’insulte que constituait cette manifestation pour les personnes souffrant de railleries racistes et les femmes victimes d’excision ».

Face à la polémique, Lena Adelsohn Liljeroth estime qu’elle n’« a rien fait de mal ». Elle reconnaît toutefois que les intentions de Makode Linde peuvent être mal interprétées. « L’artiste dit avoir voulu défier la vision occidentale romantique et exotique d’une réalité aussi violente que raciste », a-t-elle déclaré. « L’art doit être provocateur », a-t-elle conclu. La ministre a été priée de démissionner, selon le Huffington Post.